dimanche 11 mai 2008
Un dimanche en immersion musicale
Aujourd'hui, pas de rugissement dominical, je n'ai pas eu le temps de m'y consacrer, néanmoins le week-end touche à sa fin et voilà exactement ce dont j'ai besoin : Silvana Mangano (El negro zumbon) !
Et qui va se mettre à danser maintenant ?
Je vous souhaite un excellent dimanche !
samedi 10 mai 2008
Spécial Sex And The City (Oprah Show)
Article programmé à l'avance, avec une pensée pour l'une de mes meilleures amies, certainement la plus grande fan de cette série que je connaisse et une vraie "single and fabulous" (normalement cela aurait dû être MOI ! On avait parié là-dessus, j'étais sûre de gagner, parce que j'étais persuadée de ne jamais trouver quelqu'un qui puisse me faire renoncer à mon célibat (je n'étais pas du genre fleur bleue, relations, couple, engagement = le meilleur moyen pour me faire fuir, j'ai adoré mon célibat, un côté mec là-dessus, on est d'accord) et que les mecs au-delà d'une amitié ou d'un "sois beau et tais-toi" c'était simplement IMpossible, oui j'aurais mieux fait de me tourner la langue 7 fois...), à tel point que je me retrouve inscrite au jeu Sephora pour partir à New York entre filles. Si on gagne (1 chance sur 1000000... ?), les grandes retrouvailles du groupe des 4 seraient amorcées, même si il y en a une qui est déjà pratiquement sur place, c'est une pensée assez surréaliste mais des plus agréables...

Pour les fans de la série, quelques liens indispensables en direct de l'Oprah Show pour poser un autre regard sur Carrie, Samantha, Miranda et Charlotte et découvrir un peu plus les actrices peut-être...
*1ere partie avec Sarah Jessica Parker :
http://www.redlasso.com/ClipPlayer.aspx?id=d3372968-5b2e-4dd9-9321-1d1f98bb8116
Le quatuor réuni
*2e partie :
http://www.redlasso.com/ClipPlayer.aspx?id=d3372968-5b2e-4dd9-9321-1d1f98bb8116
*3e partie (... Surprise !) :
http://www.redlasso.com/ClipPlayer.aspx?id=d3372968-5b2e-4dd9-9321-1d1f98bb8116
*4e partie (Mr BIG !) :
http://www.redlasso.com/ClipPlayer.aspx?id=d3372968-5b2e-4dd9-9321-1d1f98bb8116
*5e partie (dressing-room) :
http://www.redlasso.com/ClipPlayer.aspx?id=d3372968-5b2e-4dd9-9321-1d1f98bb8116
*6e partie et FIN :
http://www.redlasso.com/ClipPlayer.aspx?id=d3372968-5b2e-4dd9-9321-1d1f98bb8116
Quelques photos extraites du film :






[...]
Qui sera dans les salles obscures le 28 mai ?
vendredi 9 mai 2008
1967 : Belle de jour par Luis Buñuel, Yves-Saint-Laurent aux costumes
I'm not here, je vous ai préparé quelques petites surprises durant mon absence, mes tout premiers articles programmés, je n'avais pas envie d'abandonner mon petit blog, en espérant le et vous retrouver en pleine forme, peut-être même plus tôt que prévu si j'ai accès au net en soirée...
Il y a bien longtemps que cette rubrique n'avait été alimentée.
Si vous vous souvenez bien (et pour les nouveaux venus) j'avais arrêté l'Histoire de la Mode et des costumes au Cinéma dans les années 60 à peu près. Après avoir abordé Pierrot le fou, de Godard ; La guerre est finie, d'Alain Resnais ; Un homme et une femme, de Claude Lelouch ; ou encore fait un petit bond dans le temps avec Bonnie and Clyde, le film qui avait marqué la génération 68 et qui du coup avait influencé toute une mode. Il était plus que temps de consacrer tout un article à Belle de jour, le film de Buñuel sur lequel j'aurais aimé rédigé une critique purement littéraire/cinématographique, mais pour lequel j'ai choisi de m'attarder sur les tenues, tout du moins aujourd'hui...
Quelques clichés en compagnie de Luis Buñuel, el maestro :



Belle de jour, c'est évidemment Luis Buñuel à la réalisation de son plus grand succès d'un point de vue populaire, mais c'est aussi un tournant dans la carrière de Catherine Deneuve à l'allure terriblement hitchcockienne et une grande amitié qui se tisse entre la muse et Yves Saint-Laurent aux costumes...

Yves Saint-Laurent en compagnie de Catherine Deneuve et ci-dessous croquis et préparation des costumes de Belle de Jour :

Belle de jour, en images :

La fameuse veste rouge boutonnée dessinée par Yves Saint-Laurent...

Et sa version bleu marine, de profil (détail des boutons de manchette et épaulettes)...


Chignon haut et sophistiqué, tenue des plus austères rehaussée d'un col blanc sur fond noir...

LE chapeau ou plutôt la toque, tellement symbolique, évocateur de deux temps bien définis, deux Séverine : celle qui la porte et celle qui l'enlève...


Il n'y a pas de tiraillement entre l'épouse modèle, "pure" et privée de toute sexualité en termes de plaisir, et celle qui est animée de fantasmes, celle qui se rend dans cette maison close.
Il n'y a pas de passage de la pruderie à la prostitution, tout comme il n'y a pas ce tiraillement entre les deux, ce qui ne fait que renforcer toute la subtilité et la complexité que Buñuel réalise magistralement...

Ou comment annoncer avec des années d'avance, et une véritable audace, la décadence de notre civilisation paresseuse et matérialiste, qui cherche sa voie en regardant par un oeil de boeuf, ou un trou de serrure.
Séverine (le personnage interprété par la belle Catherine Deneuve) est l'une et l'autre. Elle est tout ce qui fait l'humain, cette continuelle profondeur et complexité de l'être, elle est l'un et l'autre, elle est ces deux antagonismes à la fois...

Jean Collet utilisera un oxymore des plus éloquents à propos de cela :
"Elle est cette coupable pureté"
Séquence "blanc immaculé en trois plans :



Lingerie sublime (de qui ?)
***

J'aime beaucoup le plan sur ces souliers, particulièrement bien lustrés, abandonnés de façon tellement disciplinée.
Les accessoires généralement parlant jouent chacun à leur tour un rôle particulièrement important dans Belle de jour.

La canne est également l'un de ces accessoires-"clés"...
Buñuel aime imposer le détail des accessoires, de façon à ce que chacun des personnages se concentre sur le caractère insignifiant du quotidien, du moindre geste et c'est peut-être là que réside son génie, entre autres détails qui pourraient paraître des plus insignifiants...

Yves Saint-Laurent aux costumes a réalisé ce que très peu de costumiers, stylistes, créateurs pourraient rêver en termes cinématographiques. Il ne s'agit pas du costume en lui-même, certains costumiers ont pu démontrer leurs véritables prouesses à travers des films d'époque, mais l'époque s'y prêtait, l'ornement exige l'illumination, les éblouissements à grand renfort de matières nobles et éclatantes.
Ici, il s'agit d'une méticuleuse mise en lumière du costume le plus simple, du travail du moindre détail à partir d'une matière pour ainsi dire dénudée, c'est d'ailleurs étonnant qu'il n'ait pas travaillé sur un autre film de Buñuel : Le charme discret de la bourgeoisie, c'est exactement ça.
Belle de jour est esquissée toute en pudeur, parfois jusqu'à l'extrême, ce qui a pour effet de faire oublier un certain malaise au spectateur, sans jamais l'effacer totalement.
Je me suis légèrement écarté des costumes, je vous laisse avec la bande-annonce du film :
Pour en revenir au sujet, un film comme Belle de jour vous inspire en termes de style, de mode, ou plutôt est-ce que Catherine Deneuve habillée par Yves Saint-Laurent évoque en vous certaines aspirations stylistiques ?
jeudi 8 mai 2008
Jones ? Parce que Bridget !

Je viens de passer toute ma journée en préparatifs, ça y est dès ce soir, je ne suis plus "là", le grand retour se fera très certainement lundi...
J'aurais peut-être accès en soirée au net (enfin tout dépend des soirées), ce week-end sera riche en toutes sortes d'imprévus, mais je m'y suis préparée :
J'ai même rédigé quelques articles à l'avance (APPLAUSE), ce qui est une grande première pour moi et tellement exceptionnel que j'ai presque envie de déboucher le champagne pour fêter ça, disons qu'en temps normal, je suis plutôt la reine de l'aventure : "improvisation et free style", même si ces derniers temps je deviens de plus en plus organisée et j'arrive à me tenir à un emploi du temps (bon d'accord, "à peu près").

Vous allez rire, la seule montre réglée c'est celle de l'ordi. Je dois avoir des tas de montres qui sont soit déréglées, soit arrêtées, une horloge dont le temps s'est pour ainsi dire suspendu et que je renonce à régler, jusqu'à mon téléphone portable qui affiche mon décalage horaire. Je suis réglée sur les mouvements de la lune et du soleil, peu importe l'endroit où je me trouve. Je fais des efforts parce que mon prince est plutôt exactement l'inverse, il a toujours une montre sur lui, son portable est toujours parfaitement réglé, à la seconde précise, c'est pour ainsi dire une sorte d'équilibre...

Mis à part ça, ça y est, je deviens obsédée par l'idée d'avoir une piscine, à défaut de ma plage, (y compris en appartement, c'est pour dire) et les moustiques attaquent, vous connaîtriez des repoussants efficaces (à base de citronelle ou pas) ?

Ce soir, j'ai envie de faire ma Bridget Jones, de me préparer un des meilleurs cocktails que je connaisse, d'y ajouter quelques doses d'alcool avant d'attaquer sereinement les retrouvailles familiales (et je n'ai même pas de Ben&Jerry dans le congélateur !) et je ne fume pas ! Que font les gens qui n'ont pas d'amis du nom de Ben ou de Jerry, ne fument pas et n'ont aucun chocolat à l'horizon ?
Ils implorent Dionysos ?
Autre option : libération des endorphines !
mercredi 7 mai 2008
La panoplie régressive (et Etsy ou la Caverne aux merveilles)

Rappelez-vous ces moments savoureux de l'enfance où, encore insouciante, vous arboriez vos lunettes en forme de coeur et rêviez de roudoudous déjà introuvables, remplacés par une succession de sucreries rivalisant d'acidité que votre voisin vous offrait généreusement dans le seul but de vous faire pleurer : l'acidité fait pleurer les palais sensibles, c'est un fait.)
Et bien, il est peut-être temps de ressortir vos lunettes en forme de coeur pour une après-midi ensoleillée pendant laquelle voir tout ce qui vous entoure en rouge cerise ne serait pas de trop, quitte à passer pour une Lolita ingénue (ou une petite fille attardée)...

Retrouver de vrais roudoudous, prêts à sucer, dans ces cuillères magiques que vous vous obstiniez à garder dans la bouche alors qu'elles étaient désespérément vides, histoire de "vous faire les dents"...

Cuillères roudoudou, chez Atypyk
***
Et de passer du temps du côté d'Etsy, parce que la Caverne aux merveilles n'est pas un mythe et que, oui, vous avez le droit de rêver...
Qui n'a jamais rêvé de cachettes inaccessibles dans des endroits improbables ? J'aurais certainement préféré un pendentif, mais ce sont des boucles d'oreille au concept plutôt original qui se sont trouvées sur mon chemin et j'adore l'idée d'y pouvoir glisser des choses microscopiques dont moi seule connaîtrait le secret...
Seul point négatif, je fais des réactions allergiques à tout ce qui n'est pas or (ce qui a toujours fait rire mes proches, connaissant ma faculté à toujours déceler le vrai du faux), donc ces boucles d'oreille resteront une jolie vision délicatement désuète, qui peut se trouver par ICI...

Peut-être pourriez-vous récupérer ces barrettes aux roses rouge, jetées en plein buisson d'orties dans un accès de rebellion, juste avant de secouer votre crinière au vent, "libre". Depuis, vous vous êtes ravisés (mais pas encore convaincue), les barrettes peuvent tout de même être sacrément pratiques, principalement quand elles sont emballées avec autant de délicatesse, y jeter un oeil...

Et parce que vous aimez bien finalement les histoires débutant par "Once Upon A Time...", même si vous leur préfériez des fumeurs d'opium et des buveurs d'absinthe, aujourd'hui c'est la petite fille qui se rebelle contre la grande, alors autant lui faire plaisir, et quoi de plus représentatif que Cendrillon (qui était à l'origine surnommée "affectueusement" par sa soeur Javotte, d'une vulgarité sans nom, "Cucendron", on a adapté ça avec le temps et Cucendron est devenu Cendrillon).
Ma petite sélection...
Her flying horses propose certainement le plus régressif de la sélection, entre perles, pantoufle de vair et carosse doré aux roues animées de roses bleues...

Les roses bleues m'ont toujours énormément plu, ce détail n'a pas manqué de me séduire...
Chez Poet Summer :

Un sautoir plus facile à assumer, plus "passe-partout"...
Chez Tartx ( qui possède toute une collection de pendentifs représentant des oeuvres d'art (Klimt, Waterhouse, etc.), portraits de figures littéraires : Emily Dickinson, Jane Austen and co ; artistes ou encore figures historiques...), un petit trésor s'est trouvé sur ma route, Cendrillon interprétée par Waterhouse, mise en pendentif :

Un gros coup de coeur pour celui-ci, même si l'originalité n'est pas là, Waterhouse se suffit à lui-même je crois...
Dans un autre genre, j'ai eu un petit faible pour ce Chaperon rouge, chez The Mymble's Daughter (Adorapop) :

[...]
Have A Nice Day !
mardi 6 mai 2008
Qui portera les gladiators Dior de Carrie Bradshaw ?
Finie l'ère des Manolo déclenchant l'hystérie collective, désormais Carrie porte du Dior ou plus exactement des sandales à plateaux aux allures de gladiateur cloutées et cuirassées, l'amazone de retour ?


(Accessoirement, c'est également la paire de chaussures, entre autres, que je suis en train de refuser fermement, non pas tant pour les chaussures en elle-même, parce que je crois que je serais capable de les porter même si je trouve que l'alliance cuir noir/clous ça fait un peu sado-maso, si ce n'est que je me suis promis de refuser toute offre venant de mes "...".
Je me rends compte que ce n'est pas si évident de refuser une succession de propositions en rafale, y compris celles qui pourraient me plaire, les unes après les autres, et ce n'est qu'un mince avant-goût de ce qui m'attend, de quoi me rendre folle).

![]()
Extreme Dior Gladiator platform, 770 $ ICI
Et sinon, quelqu'un se verrait succomber à la nouvelle tendance SATC, à la façon des Manolo Blahnik ? ou John Galliano pour Dior, très peu pour vous ?
lundi 5 mai 2008
Idées cadeaux pour jeune adolescente (et pour nous aussi...)

Ne sachant trop ce que je pourrais offrir à une jeune adolescente, je vous expose quelques-unes de mes idées ici, et sollicite vos conseils. A cet âge, je trouve qu'il est très délicat d'offrir un livre, de la musique, tant les goûts peuvent être sensibles et varier d'une année sur l'autre, quand ce n'est pas d'un mois sur l'autre.
Pour limiter la casse, je me suis dit que des produits de beauté assez ludiques pourraient être les bienvenus (j'avais bien pensé à un "vrai" parfum, mais je trouve que 13/14 ans, cela reste un peu jeune encore, non?).
J'avais éventuellement songé à la bague Marc Jacobs contenant le parfum solide :

Je la trouve très mignonne et c'est une façon d'offrir un vrai parfum, tout en restant dans une approche ludique, entre l'enfance et l'adulescence, qu'en dites-vous ?
En me balladant sur le site de Nocibé qui propose toute une gamme ludique, j'ai déniché quelques petits trucs que je m'offrirai bien aussi (j'au un gros faible pour les gammes ludiques, je l'admets) :
- Le Bain Sakura, comprenant 7 bulles de bain et confettis pour parfumer le bain, ou encore les boules effervescentes de la même gamme :


- Dans la gamme gourmande, le bain moussant à la cerise griotte, sur lequel j'avais déjà fondu au moment des listes de Noël, accompagné des gloss gâteaux qui donnent envie (mais j'ai comme un doute sur le dernier produit) :


- Je pensais lui offrir également des soins pour les cheveux blonds aux diverses nuances, nous avons cette particularité en commun, et un bouquet de produits venant de chez LUSH.

Et remplir un joli panier en osier en y mettant plein de petits plaisirs de filles du type soins, produits de beauté, (le but étant qu'ils aient un aspect ludique, je trouve ça plus sympa), que je trouve un ou deux magazines qui pourraient correspondre (vous avez une idée de magazines pour cet âge ?), des sucreries, du chocolat, un roman littéraire ou recueil poétique choisi avec soin (pour me donner bonne conscience je l'admets) et quelques autres éléments, dont certains de ma composition, il ne s'agit pas de n'importe quelle jeune adolescente...
Qu'en pensez-vous, des idées de cadeaux ?
dimanche 4 mai 2008
Un dimanche, un artiste
Vincent Van Gogh
(1853- 1890)

C'est toujours avec une émotion fébrile que j'aborde certains artistes ici. Il m'est souvent impossible de mettre de côté le rapport intime que j'entretiens avec ces rugissements dominicaux, parfois les mots s'abstiennent d'eux-mêmes pour laisser les oeuvres parler, parfois une violente pudeur me retient. Dans tous les cas, ces articles sont certainement ceux qui me sont le plus intimement liés, qu'ils soient à peine soufflés, suggérés ou que le sujet reste en suspension, sans trop d'effusions...
Affirmer que je nourris une passion pour l'Art, dans toutes ses formes, serait bien vain. La passion fait partie intégrante de moi et je suis capable de me découvrir un nouvel intérêt dévorant de façon régulière. L'art tient une place toute particulière dans ma vie, c'est quelque chose qui a accompagné mes premiers pas et qui marche à mes côtés aujourd'hui. Je ne sais qui a choisi l'autre le premier, mais il y a des évidences qui ne peuvent s'expliquer. Je ne pourrais envisager une vie sans Art, sans création, sans passion, sans Inspiration (au sens de souffle artistique, de "muse").
Aujourd'hui, l'envie de vous parler un peu de Vincent Van Gogh s'est ressentie et je sais que j'aurais beaucoup de mal à m'en tenir à quelque chose que je considère comme inutile, peut-être trop académique tout simplement. Ecrire ce qui a déjà été écrit et que vous pourrez trouver dans n'importe quelle encyclopédie, dictionnaire, livre biographique m'ennuie un peu et me semble totalement vide de sens. J'ai envie de partager mes émotions avec vous, ne serait-ce qu'une infime part, et découvrir les vôtres. C'est au fond ce qu'espère tout artiste, non ?
Révéler l’Art et dissimuler l’artiste, tel est le but de l’Art.
Le critique est celui qui peut traduire dans une autre manière ou avec de nouveaux procédés l’impression que lui laissèrent de belles choses.
[Préface au Portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde]
Faire naître une émotion chez la personne qui découvre son oeuvre et non pas une biographie de sa vie, une réduction de tout son être, son essence, à des mots froids, assemblés dans un article visant à traiter, synthétiser en quelques lignes une vie entière.
Je me souviens de ma toute première confrontation avec Van Gogh, jeune adolescente, partagée entre divers sentiments tout aussi violents. Il s'agissait pourtant d'un "simple" autoportrait. Je trouvais plutôt triste d'avoir su qu'il s'était coupé l'oreille avant même d'avoir pu contempler l'une de ses oeuvres, de me dire que ce qui marquait les esprits quand on évoquait le nom de Van Gogh tenait plus à une "anecdote" qu'à son oeuvre en elle-même.
Et puis j'ai revu ce tourbillon en arrière-plan, cette barbe rouge flamboyant, ce regard qui me poursuivait jusque dans mon sommeil, cette veste que je trouvais esquissée de façon trop "facile", contrastant avec les traits du visage, et encore ce tourbillon régulier en arrière-plan, ces mêmes mouvements qui revenaient et mon incompréhension de l'histoire de l'oreille face à cet homme qui, pourtant, avait l'air si austère, cette subsistance calviniste qui me fascinait alors à travers Stevenson et sa nouvelle The Strange Case of Dr Jekyll and Mr Hyde. Parfois, on établit des correspondances entre certains éléments qui en apparence n'ont strictement rien à voir, et pourtant c'est à ça que j'ai pensé en voyant son autorportrait, à la dualité intense si bien exprimée à travers les figures de Dr Jekyll et Mr Hyde. Je voyais l'homme, un homme, partagé entre l'austérité spirituelle et la folie créatrice, l'instinct passionnel, peut-être en quête de lui-même, peut-être en quête de Dieu, compte-tenu de ses croyances (avant de devenir peintre il s'était tout de même lancé dans la prédication, dont il sera écarté, car déjà trop "exalté").
"C'est à 26 ans qu'il décide de devenir peintre". Cette phrase m'a marqué, m'interrogeant à la fois sur l'homme et sur l'artiste, sur cette foi qu'il devait avoir pour "décider de devenir peintre" à 26 ans. Ce n'est pas l'âge qui m'interpelle, mais la force inébranlable qui ressort de ce type de réflexion. Depuis cette décision et ce, malgré les divers problèmes de santé, la misère et l'anonymat absolu dans lequel il est resté de son vivant (tout du moins du public et des potentiels acheteurs, il n'a vendu qu'une seule toile de son vivant !), il n'a jamais cessé de peindre avec cette même foi qui l'animait...
Bienvenue dans un parcours initiatique à travers différentes toiles suivant l'évolution des techniques, des lieux de vie et du temps qui passe...
1) Hollande (1881-1885).
C'est au début des années 1880 que Van Gogh peint ses premières toiles, dans la région minière du Borinage où il décide de s'installer pour "évangéliser les pauvres", dont il partage les conditions de vie. S'en succèdent à peu près 200 toiles privilégiant les thèmes de la vie paysanne et nature morte, aux tonalités particulièrement sombres et quasiment monochromes, avec un coup de pinceau exprimant une certaine rudesse, ce qui ne fait que renforcer l'effet "terreux" qui en ressort. Les Mangeurs de pommes de terre (avril/mai 1885, exposé au RIJKSMUSEUM VINCENT VAN GOGH, à Amsterdam) est une des toiles les plus représentatives de cette période hollandaise.
Il part pour Paris, chez son frère, le 1er mars 1886.

Les Mangeurs de pommes de terre
(Nuenen, avril 1885)
2) Paris (1886-1887).
Une fois installé à Montmartre, il rencontre par l'entremise de son frère (qui tient une gallerie d'art) les jeunes peintres au sein des mouvements artistiques les plus effervescents de l'époque : Toulouse-Lautrec, Monet, Renoir, Degas, Seurat...
Il se nourrit des techniques impressionnistes, mais aussi d'artistes japonais tels que Hiroshige ou encore Hokusai, son oeuvre s'en ressent immédiatement. Il vit une intense période de "bohème" pendant laquelle il réalise à peu près 220 toiles, dont Une paire de souliers, ou encore Le Père Tanguy qui caractérise l'évolution de sa technique picturale. La touche est moins compacte, la palette s'éclaircit, le pinceau applique différentes touches aposées, de façon à suivre la forme de l'objet représenté, jusqu'à commencer à adopter des teintes éclatantes, des couleurs plus brillantes, plus franches, à la manière de certains peintres français (voir Le Père Tanguy).
En février 1888, surmené, il décide de partir pour le sud de la France, choisissant Arles sur les conseils de Toulouse-Lautrec pour la "lumière".

Une paire de souliers
(Paris, début 1887)

Portrait Le Père Tanguy
(1887-8)
3) Arles (1888-1889).
Arles et la vie méridionale signent une nouvelle évolution dans sa peinture. Le style devient plus personnel jusqu'à devenir identitaire. Les touches sont courbes, les couleurs se font vivaces, s'utilisent pures, notamment à travers le jaune, le vert et le bleu. Cette technique devient une spécificité de l'oeuvre de Van Gogh.
Les paysages ou les natures mortes prennent vie sous son pinceau, dégageant une incroyable impression de mouvement, de force... La nuit étoilée sur le Rhône reste à mon sens un vibrant exemple de cela (voir plus bas).
La couleur jaune est également une sorte de rupture éclatante avec tout ce que Van Gogh avait pu faire jusqu'ici. L'utilisation d'une couleur pure dans un premier temps, mais le jaune, lumineux, symbole également de chaleur, deviendra à partir de là une couleur significative dans l'oeuvre de Vincent Van Gogh. Une des représentations les plus éloquentes est certainement le jaune devenu fleur : Quatorze tournesols dans un vase.
[Je n'ai pas mentionné la vie commune pendant environ deux mois avec Paul Gauguin, la détresse mentale de Van Gogh qui peint malgré cela avec plus d'acharnement encore, les différentes crises, la dispute avec Gauguin qu'il menacera avant de finir par se couper l'oreille et autres parts intimes plus ou moins chaotiques...]

Quatorze tournesols dans un vase
Vincent Van Gogh peindra ces fleurs en très peu de temps, car celles qui lui servaient de modèles dans le vase se fanaient très rapidement. Il écrira à Théo (son frère) : Je suis en train de peindre avec l'entrain d'un Marseillais mangeant de la Bouillabaisse ce qui ne t'étonnera pas quand il s'agit de peindre des grands tournesols (670/526). Gauguin, qui appréciera les tableaux, considérera qu'ils constituaient la marque de fabrique de Van Gogh. Ce dernier travaillera à nouveau sur ce thème en 1889. Les toiles ainsi produites sont conservées au Musée Van Gogh.

La nuit étoilée sur le Rhône

L'Arlésienne : Madame Joseph-Michel Ginoux
4) Auvers-sur-Oise (1890).
En mai 1890, l'artiste quitte le Midi pour rejoindre son frère à Paris, puis s'installe non loin de là, à Auvers-sur-Oise, près de la maison du docteur Gachet, admirateur d'art impressionniste, qui souhaite s'occuper de lui. Plus de 80 toiles environ auront été réalisées à Auvers, dont le fameux Portrait du Dr Gachet, L'église d'Auvers ou encore Les Champs de blé aux corbeaux...
Ces oeuvres s'éloignent de la période "arlésienne", la touche s'accentue, il y a dans une certaine mesure un retour aux sources dans lequel se mêle une palette plus sombre, plus oppressante, l'angoisse...
Les Champs de blé aux corbeaux resteront annonciateurs, il y retournera le 27 juillet, mais ne succombera que deux jours plus tard.

Portrait du Dr Gachet

Champs de blé aux corbeaux
...

L'église d'Auvers
Que reste-t-il de Vincent Van Gogh aujourd'hui ?
Certainement l'un des peintres dont les oeuvres se sont le plus vendues, une certaine ironie du sort quand on sait qu'il n'en aura vendu qu'une seule de son vivant (si vous savez laquelle, cela m'intéresse).
Son oeuvre, particulièrement fertile, compte environ 750 tableaux et 1600 dessins. En 1973, le Rijksmuseum Vincent Van Gogh, conservant plus de 1000 tableaux, esquisses et lettres, a été ouvert à Amsterdam.
Ceux pour qui Van Gogh a été une source d'inspiration :
Le peintre Chaïm Soutine, ainsi que les peintres allemands Oskar Kokoschka, Ernst Ludwig Kirchner et Emil Nolde, et évidemment bien d'autres à leur suite...
Un (court) hommage :
Musique : Starry starry night, de Don Mc Lean.
Pour aller plus loin :
- Faire un tour à Augers-sur-Oise, dans la dernière demeure de Vincent Van Gogh, et pourquoi pas tenter un atelier de dessin (je n'ai pu avoir confirmation concernant les ateliers de dessin, il se peut qu'ils ne proposent plus cela, c'était il y a longtemps).
- Sur Paris, une petite promenade au musée d'Orsay serait des plus agréables.
De passage sur Amsterdam, ne manquez pas le musée Rijksmuseum Vincent Van Gogh (essentiel pour découvrir plus en avant Vincent Van Gogh !). D'ailleurs, si vous souhaitez des informations sur Amsterdam, n'hésitez pas à demander à Paquito qui se débrouille pas mal en français, mais l'anglais et l'espagnol sont bienvenus.
- En alternative aux musées, je vous propose de jeter un oeil à la collection "petit prix" Taschen (environ 6 à 7 euros) :

- En dernier ressort, il y aurait bien des dvds, des films, mais je n'ai pas eu l'occasion de voir, si quelqu'un a vu l'un d'entre eux et peut les recommander ou en discuter, ce sera avec plaisir.
Un excellent dimanche !
samedi 3 mai 2008
Brèves autour d'un Thé : Sun, Sex and The City, Littérature et Glamour
- La grosse surprise du jour, je reçois le n°51 de Glamour, alors que je croyais mon abonnement fini et bonheur (!) un gros dossier consacré à Sex And The City, Sarah Jessica Parker en couverture. Il semblerait que plusieurs magazines se soient donné la main pour faire preuve d'originalité concernant leur couverture...

G et autres plaisirs culturels...
Pour continuer sur les réflexions cul, oui désolée appelons un chat un chat voulez-vous, un dossier s'attaque aux fesses, les notres, celles des célébrités et on a même droit à un classement des plus belles fesses ! Alors apparemment les fesses cet été seront au top si vous vous appelez Kirsten Dunst et n'en avez pas (classées dans le top 4), vous avez l'alternative "voluptueuse" avec pour exemple Monica Cruz, autant dire qu'en matière de volupté on peut faire plus convaincant, et puis visiblement la côte de Pamela Anderson est en hausse, on nous la présente vue de dos, sans oublier Jessica Alba...
Des photos ? Jetez un oeil sur le Glamour en illustration du paragraphe concernant, je cite, "Le régime beau Q" (c'est tellement plus "glamour" que cul), un peu de langage sms sous couvert de sjp (sketch des Inconnus en tête) pour parfaire le tout et il n'y a plus qu'à filer lire la suite, "l'alternative à la lipo"...
Je n'ai pas encore eu le temps de lire le dossier consacré à Sex And The City...

mais je vais m'empresser de réparer cela...
J'ai filé à la rubrique finale régulièrement alimentée par Audrey Diwan, "les 14 trucs qu'il méprise chez vous sans vous le dire". Elle sait manier l'humour et parfois me fait vraiment rire, je passe sur le titre en me disant que je vais peut-être passer un bon moment à rire au travers de ses observations qui sentent le vécu à plein nez, si bien que parfois on a presque envie de la plaindre et de se "brosser les cheveux mutuellement"...
Il fallait que je partage l'un de ces trucs, parce que je n'aime pas faire de discrimination et pour une fois que je cite quelqu'un de vivant ET tiré d'une rubrique de magazine féminin, c'est plutôt pas mal :
"Vous avez des disques de Björk et parfois même, vous les écoutez. C'est un mystère scientifique : autant les femmes aiment cette voix rauque, autant les hommes (quoi qu'ils vous aient dit au début pour vous plaire) éprouvent l'envie de se défenestrer dès la première vocalise."
Je n'ai pas demandé confirmation auprès d'un homme, du mien, et vous, expérience de Björk ?
Dans un autre monde, mes nouveaux petits bonheurs :
- Camus, Maïakovski, Brecht, Beckett et un petit nouveau qui fait figure étrange : Koltès qui raconte Zucco, je n'ai aucune idée de ce que cela peut donner, mais si je ne me trompe pas Roberto Zucco a été une sorte de serial killer qui a réellement existé, c'est bien cela ?
Je ne sais pas du tout comment le récit a été ficelé et pas non plus si il y a un véritable lien, enfin j'imagine, à voir donc ! Si quelqu'un l'a lu...

- Quelques images-plaisir :




Un ciel d'un bleu limpide, le chant des oiseaux en fond sonore et une envie de plonger dans une eau transparente...
HAVE A NICE DAY !
vendredi 2 mai 2008
Au Revoir Simone / "Comme j'aime que tu existes" (les bouches inutiles)

Je viens de passer une des après-midi les plus délicieuses qui soit. Ciel bleu, soleil sur ma peau nue, une légère brise caressante [...] et je sors à l'instant de la salle de bains, la sensation de l'eau chaude encore présente, un plongeon dans le pot désuet à la rose de l'Occitane (qui n'est plus commercialisé), des effluves à n'en plus finir de valser, et un peu de la crème qui requinque (Kenzoki) pour le visage...
Le bonheur de sentir couler l'eau chaude sur ma peau, toutes celles qui conseillent de prendre un bon bain chaud ou de se retrouver sous une douche chaude savent de quoi elles parlent, c'est certainement l'un des meilleurs remèdes à la triste mine, pour parfaire le plaisir s'allonger dans un face-à-face avec un ciel encore bleu, agrémenté de quelques nuages et contempler l'effet de la lumière, observer, se sentir entièrement délassée, écouter le gazouillis des oiseaux et se faire rejoindre par une personne aimée...
Se peut-il que le bonheur soit aussi simple ?
Je vous laisse avec Au Revoir Simone, en écho à la citation d'une autre Simone (voir le titre) :
Des petits bonheurs à partager ?









La bulle glamour