Une Princesse... In & Out The City

Féminitude, Elégance, Art et Culture : Confessions autour d'un T.

mercredi 14 mai 2008

Je rêvais d'un autre monde...

danse

Il faut sauver les Cahiers du cinéma et leurs éditions !

La revue la plus qualitative sur le cinéma, créée en 1951, est sur la sellette pour des raisons "budgétaires", Le Monde étant en plein redressement (130 suppressions d'emploi au quotidien prévues, ainsi que des cessions de magazines, dont Les Cahiers du cinéma).

Il faut que la revue garde son esprit, ses convictions et la pensée critique qu'elle alimente, sinon cette revue n'a plus aucune raison d'être. Espérons que les amis des Cahiers puissent avoir un droit de regard sur tout changement pouvant influencer l'orientation future des Cahiers...

cahir

Pour rappel : cette revue a vu Godard, Truffaut, Marker, Chabrol et bien d'autres rédiger leurs premières articles cinématographiques avant  de devenir eux-mêmes de grands cinéastes ! Les Cahiers du cinéma, ce n'est pas seulement une revue, c'est un des principaux supports de la culture en France depuis sa création, c'est aussi la première maison d'édition sur le cinéma, une collection de DVD, etc.

Cahiers

Il ne me semble pas avoir entendu parler de pétitions, mais avec tous les cinéphiles qui lisent cette revue, j'imagine que cela serait possible pour appuyer les Amis des Cahiers, non ?

***

J'en ai ras-le-bol d'entendre parler de profit à tout va, de voir tout ce qui tient encore bon tomber peu à peu, de voir la culture s'effriter, de supporter que l'on veut détruire jusqu'à la Recherche si elle n'a aucun but de rendement, que l'Enseignement supérieur est en train de se faire saccager, que les Arts, la musique, tout ce qui permet un minimum d'élévation, de réflexion, de rêve, de pensée, tout cela soit détruit peu à peu, parce qu'il n'y a aucun bénéfice à la clé...

Récemment, j'ai eu le "plaisir" d'avoir un stock de tous les magazines du mois de mai, de Muze à l'Officiel, en passant par Jalouse et des tas d'autres magazines féminins, mode, "culture", que je découvrais pour beaucoup d'entre eux.

Quand je vois que l'on oppose la génération de mai 68 à la génération facebook 2008 ou encore que je lis dans un micro-trottoir des témoignages de "protestation" et que je vois une fille qui dit qu'elle aurait bien manifesté contre les manifs de la SNCF, des étudiants ou je-ne-sais-quoi, j'ai envie de gerber, exactement, il n'y a pas d'autre mot, c'est ça la "protestation" , c'est ça avoir des revendications ? Bientôt, on va vivre dans une société où le droit de grève, de manifestation, peut-être même de penser différemment, d'écrire un article à contre-courant sera illégal, où la protestation se résumera à un brassard attaché au bras tout en veillant à ne surtout pas arriver en retard au boulot et personne n'osera protester, ce qui ne fera qu'accentuer cette sensation d'impuissance. J'aimerais bien avoir le pouvoir de faire revivre certains écrivains, penseurs et discuter avec eux, ils seraient très surpris de voir leurs réflexions en marche...

Récemment, on parlait de l'avenir du cinéma français, des réalisations indépendantes, alors c'est ça que tout le monde veut ? Des films à la pelle, des grosses productions qui engraissent les mêmes, une même recette, quelques acteurs vendeurs et le moins d'idées neuves et d'indépendance de pensée, de réalisation possibles, c'est ça le cinéma, tuer les auteurs au profit du rentable ?

J'ai un peu dérapé du sujet initial, mais ça reste léger... :-)

Je vous laisse avec Pink Floyd (mais n'oubliez pas de vous exprimer, "better out than in")

free music


Posté par SexInOutTheCity à 10:50 - Billets doux et louves piquantes - Commentaires [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Je pense qu'il y a une partie de la population qui souffre des protestations des autres. Une grève de la SNCF, c'est bien gentil mais quand tu es coincée sur le quai bondé, tu te dis "zut". Alors je peux comprendre que certains étudiants qui courrent entre la fac, la maison, le train et surtout le temps soient dépassés...

Penser différement, l'écrire, l'exprimer, je suis pour et il n'y a pas de souci à se faire, la socitété nous permet quand même de nous exprimer, quoiqu'on en dise ;).

Mai 68, c'était une époque, il y a eu des choses biens et d'autres moins chouettes mais notre époque a aussi ses bons et mauvais côtés, enfin, c'est comme ça que je le vois.

Posté par Shopgirl, mercredi 14 mai 2008 à 11:02

A Maud,

Je comprends qu'il y ait une partie de la population qui puisse souffrir des protestations des autres, je ne remets pas cela en cause, je m'interrogeais sur ce que signifiait "revendication" aujourd'hui. Je trouve légèrement démesuré de vouloir manifester contre des gens qui manifestent eux-mêmes, ça me paraît ridicule, quand on voit qu'il y a tellement d'engagements possibles, et ce peu importe la sensibilité de chacun !
C'est un fait, la société est individualiste, alors on préfère voir sa propre situation plutôt que réfléchir aux problèmes des autres.

Je ne suis pas en train de faire l'apologie de mai 68, il y a certains trucs que je n'ai vraiment pas aimé et dont on a certaines répercussions aujourd'hui, mais au moins il y a eu certaines initiatives, certaines émulations intellectuelles qui ont ouvert la voie à un profond changement de la société et notamment pour les femmes. Ce n'est pas moi qui compare les deux époques, mais tous les magazines que j'ai pu lire et c'est justement ça le problème.

Quoiqu'il en soit, parce que ce qui m'importait était principalement le problème des Cahiers du cinéma et des Arts en général, j'aurais préféré discuter de cela d'ailleurs plutôt que de l'anecdote sur les grèves, etc. , je trouve très problématique de voir que certains des plus anciens "représentants" de la culture comme Les Cahiers par exemple, se retrouvent en danger parce qu'ils ne font pas assez de profit.
En fait ce qui me pose problème c'est le terme PROFIT et le fait que peu à peu tout ce qui peut être intéressant, artistique, culturel, littéraire, etc. se fracasse parce que cela ne donne aucun rendement économique...

C'est seulement ce que je déplore, je n'ai pas envie de me retrouver dans 20 ans et de voir qu'il n'y a plus de ciné d'auteur par exemple, qu'à l'école on a supprimé toutes les disciplines artistiques, etc.


Bisous

Posté par Une Princesse..., mercredi 14 mai 2008 à 11:39

Bonjour princesse!
Pour les Cahiers du Cinéma, je suis sure qu'il dot y avoir une pétition, c'est tellement mythique et important dans le paysage intellectuel français cette revue.Je vais en parler à mon meilleur ami, qui est fou de ciné et qui apprécie les "Cahiers", je sais pas s'il est au courant car il est actuellement en Angleterre.
Pour ton coup de gueule, on en avait déjà un peu parlé avec ton billet sur le CAPES, en janvier.Et c'est sur qu'avec ce marchand de tapis qui aime Jean Marie Bigard et qui ne sait pas parler anglais (son "magnifical", je m'en souviens encore) qui nous sert de président, ça va pas s'améliorer!
Au fait, c'est bien comme magazine"Muze" hein?C'est dommage que ça soit si cher (5 euros le numéro si je me trompe pas)
Gros bisous et bonne journée princesse!

Posté par Leslie, mercredi 14 mai 2008 à 11:50

Bonjour Leslie :)

Je n'ai pas trouvé, mais si tu trouves la pétition, tiens-moi au courant et n'hésite pas à envoyer un petit mail à ton ami cinéphile ;)
Oui, c'est bien ce que j'expliquais, cela fait partie du "paysage intellectuel" français, c'est exactement ça !

De mon côté, j'ai envoyé des mails pour en savoir plus à tous mes anciens profs de fac avec qui je garde des liens et qui ont une influence au sein de différentes revues.

Merci ! (je viens d'éclater de rire), j'avais oublié ton expression "marchand de tapis", je suis pliée en deux, je trouve ça génial ;)

Par contre, je me fais vraiment du souci pour l'agrégation, j'ai entendu parler de 2009 pour la fin, je n'arrive pas à y croire, j'espère que ça ne pourra pas passer comme ça, enfin on verra.
Ce qui est dommage c'est qu'on ne s'occupe pas plutôt d'améliorer la formation des profs au sein de l'IUFM, etc, au lieu de s'occuper de supprimer postes, concours, etc., et que l'on accorde pas plus de moyens au Savoir !

Oui j'ai redécouvert Muze ce mois-ci et c'est vraiment un excellent magazine, (j'ai adoré Charlotte Rampling dans CItizen K aussi ;) ) mais je le pensais plus "épais" dans mes souvenirs et je suis restée sur ma faim !
Je l'ai vraiment trouvé trop court, mais c'est bon signe j'en redemande ;)
Enfin, le prix c'est aussi parce qu'il n'y a aucune pub contrairement à tous les autres, donc forcément ça fait monter un peu, mais je vais essayer de voir si je pourrais me le procurer plus régulièrement.


De gros bisous et une excellente journée à toi aussi !

Posté par Une Princesse..., mercredi 14 mai 2008 à 12:11

Petite parenthèse la photo de la ballerine sur le piano est sublime, ça te représente bien je trouve.


Les Cahiers du cinéma ne peuvent pas être balayés ainsi, et toi et Leslie avez entièrement raison !

Bisous

Posté par Clotilde, mercredi 14 mai 2008 à 14:37

Il y a 40 ou 50 ans, on manifestait contre les guerres, pour le droit des femmes (parité, droit à l'avortement...), pour une plus grande liberté et une diminution (à défaut d'une disparition) de la censure. Aujourd'hui on manifeste parce qu'on veut partir toujours aussi tôt en retraite, ou parce qu'une réforme universitaire affole tout le monde.
Alors certes, ces dernières raisons peuvent (parfois) être valables... Mais je crois qu'on a tendance aujourd'hui à profiter du droit de grève/manifestation pour un peu tout et n'importe quoi (d'ailleurs, après avoir suivi deux blocages à la fac, je ne suis plus du tout indulgente/tolérante envers les bloqueurs).

Pour ce qui est du règne du profit, c'est malheureusement l'époque qui veut ça. Si tu n'es pas rentable, tu disparais (ou tu survis très difficilement). Vaut mieux pour eux que certains penseurs ne soient plus vivants aujourd'hui :)

Pour la revue, jamais lu (j'ai du mal avec les revues critiques - j'avais seulement feuilleté l'une de leurs anthologies). Mais je veux bien signer, par principe :)

Posté par Flo, mercredi 14 mai 2008 à 15:52

C'était le commentaire enflammé du jour :)

Certaines anecdotes me sont revenues en tête, ceci explique cela ;)

De gros bisous Flo

Posté par Une Princesse..., mercredi 14 mai 2008 à 16:57

Désolée, j'avais répondu dans un super long commentaire où je racontais une anecdote notamment en rapport avec les blocages et ce pourquoi il m'est impossible en tant qu'étudiante, prof de fac ou tout autre défenseur du savoir de ne pas soutenir certains mouvements, mais je commençais déjà à avoir des requêtes bizarres et autres groupes syndicaux ouvertement à droite qui étaient à l'origine de l'anecdote avec leurs amis matraqués et je n'ai pas envie d'attirer trop de gens dans le coin...


J'ai juste une question : si tu avais un boulot de merde et que ton existence se résume à "métro boulot dodo" crois-tu que tu n'aurais pas pour seul espoir de voir se rapprocher ta retraite (tout en n'étant pas sûr d'en avoir une un jour) et espérer pouvoir profiter, vivre un jour ?

Je crois que tu vois exactement ce dont je veux parler, ce n'est pas si différent finalement.

Enfin bref, je me tais ici pour mieux amorcer la suite ailleurs ;)

Bisous

Posté par Une Princesse..., mercredi 14 mai 2008 à 17:15

Pardon :)
You've got a mail

Posté par Flo, mercredi 14 mai 2008 à 17:16

Je n'ai rien à ajouter à ce que tu as dit! Tu as écrit l'article que je rêvait de faire depuis longtemps, surtout concernant le cinéma, mais pour lequel je n'ai pas assez de talent.
Il faut sauver les Cahiers du Cinéma et surtout la diversité des productions françaises. Je pense que les médias ont beaucoup à voir avec la crise que traverse le cinéma français. On fait tout un battage médiatique autour de grosses productions, et peu parlent de films indépendants qui ont souvent de plus en plus de mal à se monter. Je prends l'exemple récent du Premier Venu de Jacques Doillon. J'ai lu dans une interview qu'il avait eu beaucoup de mal à monter son projet, et le film a eu très peu de couverture médiatique, et par conséquent un succès très confidentiel.
Je pense que c'est le travail des producteurs, des médias et aussi le notre, spectateurs de proposer un cinéma diversifié et de qualité.
Quand je vois également qu'un des cinéastes les plus passionants de notre époque, Philippe Garrel, as de plus en plus de mal à trouver un financement pour ses films et que Disco fait 2 millions d'entrées, ça me révolte tout simplement!
Je veux bien qu'il en faille pour tous les goûts mais on tend vers une uniformisation du cinéma français, entre comédies populaires et films "à l'américaine".
L'immense succès de "Bienvenue chez les Ch'tis" va engendrer énormément de films dans cette veine, produits pour faire des records d'audience en prime time sur TF1, qui sera bientôt la seule chaine à pouvoir produire des films.
La supression de la publicité sur les chaines publiques va en effet diminuer les productions de France 2 Cinéma (qui produit notamment Abdellatif Kechiche) et France 3 Cinéma (qui à récemment co-produit le Premier Venu de Jacques Doillon), qui produisent un cinéma plus exigent, sortant des sentiers battus.
En tant que cinéphile, je refuse dans quelques années d'avoir uniquement le choix entre des grosses productions type "Astérix" ou des "comédies" comme Disco.

Je m'excuse pour ce roman, mais les problèmes rencontrés par le cinéma français actuellement et par les Cahiers du Cinéma (pour qui je rêve de travailler plus tard) me révolte!

Bises ;-)

Posté par jeunedemoiselle, mercredi 14 mai 2008 à 17:19

J'ai dit que je n'avais rien à ajouter mais finalement je me suis étalée, encore une fois je m'en excuse!

Posté par jeunedemoiselle, mercredi 14 mai 2008 à 17:20

Chaque cas est particulier, mais le coup des cheminots, franchement... Mon grand-père l'était, la vie était dure, d'ailleurs ça l'a marqué de manière assez négative (et par extrapolation, toute ma famille).
Mon oncle (son fils) l'était aussi... On ne me fera pas croire que le travail est aussi dur aujourd'hui, et justifie toujours une retraite à 50 ans (mon oncle est à la retrait depuis plusieurs années).
Même si évidemment, chaque cas est particulier...

Posté par Flo, mercredi 14 mai 2008 à 17:20

> A Flo,
Oui, j'ai vu et répondu :)
Pour ce qui est des cheminots, tu sais je ne connais pas ce milieu et je ne compare pas des époques, mais par rapport à ma philosophie de vie, je suis plus indulgente vis-à-vis des gens, peu importe leur boulot. Si ils ne se réalisent pas à travers ce travail, pour moi un travail substantif que l'on fait seulement pour se nourrir et dans lequel on passe le plus clair de son temps mérite ne serait-ce qu'un peu d'indulgence et de respect.
Voudrais-tu de cette vie ? Considères-tu cela comme une vie ? Imagine arriver à l'âge de la retraite, trop vieux pour réaliser tes rêves de jeunesse, et te rendre compte que pendant toutes ces années tu n'as pas "vécu".
Evidemment tout le monde ne se pose pas autant de questions que moi, d'autres sont beaucoup plus sereins j'imagine, mais je ne peux qu'être tolérante.

Pour moi le travail, quand il n'offre pas la possibilité de se réaliser en tant qu'Homme, cela se résume à ce qu'il signifie en latin : treppalium !

lol (je sais, je suis incorrigible :))) )

Bisous

Posté par Une Princesse..., mercredi 14 mai 2008 à 19:01

A Jeune demoiselle,

Je suis très heureuse que tu réagisses à ce sujet, cela me paraît important, et plus particulièrement en tant que cinéphile.
Tu fais bien de souligner le terme de "diversité" et de citer ces exemples d'obstacles que rencontrent les réalisateurs français pour monter un film, non pas que cela soit plus reluisant ailleurs, mais le cinéma d'auteur est en pleine crise et ce qui faisait la diversité et la richesse du cinéma français est en train de se perdre.
Je ne sais si tu as lu le rapport Ferran ?
Les Cahiers du cinéma, par le biais du Club des 13, avaient d'ailleurs consacré un dossier autour de ça justement ici :

http://www.cahiersducinema.com/article1548.html
Malheureusement l'actuelle ministre de la Culture après l'avoir lu n'a pas eu les réactions souhaitées, bien au contraire, c'est le moins qu'on puisse dire. Apparemment, elle aurait émis des avis particulièrement défavorables.

Je suis d'accord quand tu dis que c'est le travail des producteurs, médias et de nous spectateurs, mais je pense aussi que le ministère de la culture a certains pouvoirs qu'il ne souhaite pas utiliser et c'est bien dommage.

Quoiqu'il en soit, nous nous rejoigons totalement là-dessus et partageons le même sentiment de révolte, je souhaite vraiment que les Cahiers du cinéma gardent leur visée critique et tout ce qui fait leur esprit et leur qualité.
Avec un peu de chance (et BEAUCOUP de soutien), ils survivront et j'aurais le plaisir de découvrir tes premiers articles ou fiches cinématographiques ;)


De gros bisous jeune demoiselle !

Posté par Une Princesse..., mercredi 14 mai 2008 à 19:13

Je rejoins l'avis de Titania sur l'abus du droit de grêve, ces derniers temps. Il y a toujours une bonne raison mais si on y regarde de près, on ne sait pas toujours le pourquoi du comment.

Par contre, excuse moi de bondir légérement de ma chaise à propos de la retraite des cheminots et des questions que tu te poses mais ne crois tu pas, que quelque travail qu'il fait, une personne aime à penser qu'elle pourra effectivement se reposer à sa retraite ?
Non parce que les cheminots, ok mais le stress d'un travail en entreprise, même assis derrière un pc n'est pas forcément mieux.
Alors, oui dans l'absolu, tout le monde aimerait partir à la retraite en ayant "vécu" comme tu le dis si bien mais tout le monde n'a pas la chance de pouvoir avoir cette forme de liberté que tu prônes parce qu'il faut bien payer le loyer.

C'est noble de vouloir "vivre intensément" mais bcp ne peuvent se permettre ce luxe.

Je divague un peu mais il y a quelque chose qui me révolte dans ton propos, j'en suis désolée.

Posté par Shopgirl, mercredi 14 mai 2008 à 19:16

A Maud,

Oui, je crois que tu n'as pas lu ma dernière réponse à Titania, je ne limite pas mes idées aux cheminots, d'ailleurs j'explique que je ne connais pas ce milieu contrairement à Titania, mais pour moi, peu importe le boulot !

A partir du moment où quelqu'un bosse pour pouvoir se nourrir et qu'il consacre pratiquement tout son temps à ça, dans un boulot dans lequel il ne peut s'épanouir ou se réaliser, je ne peux qu'être tolérante vis-à-vis de ça, indulgente et respecter cette personne qui a envie de pouvoir profiter de sa retraite, d'avoir un peu plus de temps libre et se bat pour les quelques privilèges qu'il peut avoir malgré son travail, tu vois ce que je veux dire ?

Bon, je ne vais pas rentrer dans des débats existentiels, je commence à fatiguer là, mais relis ce que j'ai écrit, je sais que c'est parfois difficile d'expliquer en quelques lignes et prêter à confusion, mais quand tu dis que "tout le monde aimerait partir à la retraite en ayant vécu, etc" j'ai pas l'impression que tu as compris mon propos.

C'est justement pour cela que je défends ces personnes qui triment au boulot, peu importe le boulot qu'ils font, que ce soit derrière un pc, sur des chantiers ou ailleurs. J'estime que ces gens méritent d'avoir accès à plus de temps libre, à une retraite, et qu'ils n'ont pas besoin d'attendre leur mort avant de pouvoir commencer à vivre.
Pour le coup je suis d'ailleurs REVOLTEE que tu aies pu comprendre cela, tu me prends pour quoi ?
Pour une enfant pourrie gâtée qui ne comprend pas ce que signifie payer son loyer ?

Je crois qu'on peut me faire beaucoup de reproches, je ne me suis jamais cachée de mes origines sociales et je ne vois pas pourquoi je devrais me sentir complexée de cela, puisque la plupart des gens aspirent à la situation que j'ai refusé.
J'ai fait des choix en accord avec ma philosophie de vie et je refuse tout argent de papa-maman, ce qui ne regarde absolument personne du reste, mais voir que malgré certains "détails" tu peux interpréter mon propos de cette façon me révolte moi aussi.

Je n'en suis pas moins désolée.

Posté par Une Princesse..., mercredi 14 mai 2008 à 19:34

> Maud,

PS : ma réponse est enflammée, mais je ne t'en veux pas, je préfère autant ne plus en parler.
Je n'ai pas envie de développer plus le sujet, et surtout ici.

Merci

Posté par Une Princesse..., mercredi 14 mai 2008 à 19:46

A Jeune demoiselle,

Une précision pour le rapport Ferran, il semblerait que Mme le ministre de la culture se soit décidée à se montrer plus conciliante là-dessus, je ne sais pas trop où ça en est, mais avec un peu de chance notre club des 13 sera écouté ;)

Croisons les doigts pour le cinéma français !

Bisous

Posté par Une Princesse..., mercredi 14 mai 2008 à 19:50

J'avais lu ce rapport et je suis contente que les premiers concernés (producteurs, scénaristes, réalisateurs...) se mobilisent!

Je suis parfaitement d'accord avec toi sur le fait que le Ministère de la Culture a son rôle à jouer, mais avec Nicolas Sarkozy à la tête de l'état (pour moi Christine Albanel n'est qu'une sorte de "pantin"), je doute fort que cela soit possible. Il ne s'est jamais vraiment mobilisé en faveur de la diversité culturelle, que ce soit au cinéma ou ailleurs, mais plutôt pour une culture de "masse" et les projets de lois (dont celle de la suppression de la publicité sur les chaines publiques) ne vont malheureusement pas arranger la situation du cinéma français.

Je pense que Les Cahiers du Cinéma survivront, les artistes n'hésiteront pas à manifester leur soutien et s'ils venaient à disparaitre, une grande page de l'histoire du cinéma serait tournée...

Bisous.

Posté par jeunedemoiselle, mercredi 14 mai 2008 à 20:06

Etre vendu ne signifie pas non plus la mort, dans certains cas cela devient meme beneficiel.

Mais pour en venir au sujet" tuer les auteurs au profit du rentable, c'est ça le cinéma ?" Et bien oui, c'est bien ça. Le cinema n'est pas un art, ce fut d'abord inventé pour amuser les "masses" (expression lourdement sarcastique) pas pour produir des perles accessibles que à quelques uns. Les grosses production (souvent idotiques, c'est vrai) etouffent les plus petits mais il y a plein de directeurs comme Soderbergh qui alternent gros films avec projets personels en mettant autant de coeur dans les 2 categories. Le snobbisme de beaucoup directeurs a refuser de meme discuter avec des grosses compagnies de prod ou de considerer des projets plus commerciaux va seulement les aider a mourir pour leur art un peu plus.
Le cinema n'est pas en art mais peut le devenir dans certaines mains mais la majorite fonctionnera toujours sur l'argent car c'est comme ca que la bete fonctionne.

Ce serait comme dire que tout les livres publies aujourd'hui sont de la LItterature (avec un grand L). Ridicule. Et il y a quand meme de grands ecrivains qui publient en ce moment (Lourdes Ventura et Marylinne Robinson entre autres).

On dit a chaque decennie differente que Le cinema meurt en devenant ennuyeux, commercial et etc....
Et c'est vrai que Pour chaque film de Preston Sturges ou de Wilder, il y a 4 attaques de fourmis geantes ou les aliens envahissent les Etats Unis 2 et autres classiques du genre.

Tu mets Burton en couverture et bien, il est lui aussi un parfait example d'un directeur qui a reussi en conservant sa vision et qui a des films qui font des millions en recette.

Je pense que ce commentaire t'offensera peut etre un peu, pourtant quand je parle de snobbisme, c'est une reproche qui est beaucoup plus une lettre ouverte a grand nombre de cinephiles et de critiques que a ton article.

Un film populaire n'est pas un mauvais film et un petit film peut tres bien devenir un plus gros succes qu'un blockbuster.


Et les cahiers de cinema survivront parce que sans eux periront l'histoire du cinema francais et les centaines d'acteurs/realisateurs/ et etc aujourd'hui le savent bien.

Bon en meme temps, je parle surtout pour les Etats Unis. Il est vrai que d'une certaine facon, la situation en France est plus exigue et difficile a debatre quand je n'y habite plus mais cette expression des "comedies americaines" m'enerve particulierement parce que insultante a beaucoup.

Je crois aussi que j'aime beaucoup trop faire l'avocat du diable. Mais je reserverais mes arguments contre les gros blockbusters pour repondre a ta reponse passionee ;-).

Tout ca par une fille qui a plein de livres et dvd edites par les "cahiers".

Posté par la chipie, mercredi 14 mai 2008 à 23:18

Et bien, ton article émeut les foules :)
Quand je parlais des retraites, je faisais allusion aux manifestations suite au projet de réforme des régimes spéciaux de retraite. Pour le reste, je suis entièrement d'accord avec toi. C'est juste que dans ce cas précis (ou en tout cas, pour le cas des cheminots - que j'ai côtoyé), je trouve les réactions légèrement disproportionnées. Les locomotives ne fonctionnent plus au charbon, à ce que je sache, et on ne peut pas dire que mon oncle ait fait un travail réellement difficile (en comparaison avec mon autre grand-père qui travaillait dans le bâtiment par exemple - là, je suis pour faire preuve de compréhension et d'empathie).

Pour en revenir au cinéma, La Chipie n'a pas tort. Moi ce qui me dérange, ce ne sont pas les blockbusters, il en faut pour que les petites productions continuent à trouver des moyens financiers. Non, moi ce qui aurait tendance à me déranger, c'est la trop grande importance donnée au cinéma américain. C'est vrai qu'ils produisent énormément de films, mais à part dans le ciné indépendant de ma ville, je ne vois jamais de films de nationalités autre que française/anglais/américaine. Et je trouve ça bien dommage...

Bisous !

Posté par Flo, jeudi 15 mai 2008 à 02:28

Ma Chipie,

Je comprends tout à fait ta réaction et d'ailleurs je suis d'accord avec pratiquement tout ce que tu as écrit (je suis la première à penser la même chose pour la littérature etc.) et je te rejoins sur le cinéma, mais je crois que tu vois un peu trop les Etats-Unis dans ton propos.
Si j'ai choisi de mettre Tim Burton en couverture spécialement, et pas une autre édition, c'est bien parce qu'il fait à mon sens du cinéma d'auteur tout en faisant de gros succès, c'est justement ça un des paradoxes/chances qu'il y a aux Etats-Unis et qui ne se retrouve que très rarement en France.
C'est bien de la situation française dont je parlais, parce que j'aurais pu aussi bien jeter un oeil dans les autres pays, mais en ce moment en France il y a une vraie crise, les auteurs rencontrent de vraies difficultés à monter leur film ou ne serait-ce que les diffuser (et la clé pour qu'un film devienne populaire, c'est l'investissement et la diffusion, non ?)


Tu vois, nos propos se rejoignent, seulement tu parles du cinéma en général et moi de la situation actuelle en France...

PS: il ne me semble pas avoir parlé de "comédies américaines" ?
Oui, je viens de relire en fait c'est une jeune demoiselle qui a parlé d'un certain "type".
Je comprends que tu sois énervée par cette expression, j'ai moi-même des comédies américaines populaires avec lesquelles je passe un très bon moment, mais je crois qu'il y a une différence entre un American Pie et autres et par exemple le dernier Gondry, non ?
Je pense que Jeune demoiselle ne voulait pas inclure tout cela non plus, mais je ne peux parler à sa place.

Pour les Cahiers du cinéma, je ne doute pas qu'ils "survivent", mais qu'ils soient "transformés", je suis tout de même moins sûre de ça que tu ne peux l'être, je l'espère vraiment ;)


Des bises ailées :)

Posté par Une Princesse..., jeudi 15 mai 2008 à 08:25

Chère Flo,

Oui apparemment et tant mieux !

Oui, j'ai compris que c'était en référence à cela que tu n'approuvais pas et je suis d'accord, mais ça a tendance à me faire rire cette histoire de charbon.
Seulement, je voulais rebondir sur toutes les professions et cette histoire de retraite, etc.
Merci :)

Là tu parles de ta ville en France ou aux Etats-Unis ?
Dans tous les cas, même en France hormis dans des grandes villes, il y a très peu de salles indépedantes qui acceptent de passer des films de diverses nationalités. Enfin, sur Montpellier il y en avait tout de même des particulièrement actives, qui travaillaient souvent avec des profs d'ailleurs, ce qui permettait aux différentes salles de ne pas fermer malgré la présence de plusieurs Gaumont, etc.

Enfin, ça c'est un des problèmes parmi tant d'autres du cinéma j'imagine !

De gros bisous, merci pour ces échanges ;)

Posté par Une Princesse..., jeudi 15 mai 2008 à 08:31

Désolée si je me suis mal fait comprendre! Je passe aussi de très bons moments devant des films tels que Zoolander et Dodgeball!
Je n'ai pas dit qu'il fallait supprimer ce genre de films, comme je l'ai dit, il en faut pour tous les goûts.
Ce qui m'inquiète c'est que la diversité tend à disparaitre peu à peu (il n'y a qu'à voir les films français actuellement à l'affiche pour s'en rendre compte). Les plus grosses productions devraient pouvoir coéxister avec des productions plus petites.
Dire qu'il faille supprimer les grosses productions reviendrait à une autre uniformisation du cinéma, ce qui n'est pas non plus souhaitable.

Posté par jeunedemoiselle, jeudi 15 mai 2008 à 12:44

C'est tres vrai! Pour les "american comedies", c'est juste un terme que je rencontre souvent dans les discours de cinephiles et je trouve que cela veut absolument rien dire car commme tu le dis, il ne differencie pas un gondry (assez frenchy tout de meme) d'un american pie. Je prefere amplement les differencier en utilisant des termes commes "teen comedy" .
Je pense que vous avez toutes les deux raison pour la situation en France mais revenons a cette discussion quand j'y revivrai.

Posté par la chipie, jeudi 15 mai 2008 à 22:15

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