samedi 29 novembre 2008
Anecdotes en série et roman noir

La Fille de la Neige, par Anne-Julie Aubry
Hier soir comme beaucoup de fins de journée en ce moment, direction la ville, ses lumières, sa féérie, les chalets ornés de licornes qui s'éveillent, la chaleur qui se répand doucement à travers ce froid qui glace régulièrement mes membres, nos rires, les yeux qui s'illuminent, mais aussi moi qui perd une certaine perception à travers le regard.
Longtemps mes yeux ont eu certaines propriétés du nyctalope (une vue approchante de celle des chats, félins, etc.) et il faut croire encore un peu, je continue à distinguer le moindre mouvement, les formes, etc., mais j'ai longtemps vécu au soleil et depuis que je vis dans une ambiance plus "nordique" et donc nettement moins ensoleillée, j'ai vu beaucoup de choses évoluer, le blond de mes cheveux se refroidir ou s'assombrir par périodes, j'ai découvert que j'avais une sorte d'intolérance au froid et que je ne pouvais plus sortir sans gants ou bonnet sous peine de souffrir véritablement, mais j'ai aussi découvert quelque chose de plus déstabilisant encore : l'évolution de ma vue.

Je n'ai jamais porté de lunettes, jamais eu de "problèmes" de vue étant donné que ma vue était différente de la normale, mais plus qu'excellente puisque je pouvais me déplacer la nuit sans problème et sans lumière aucune. J'avais naturellement plus de 10 sur 10 aux deux yeux. Seulement il semblerait que toutes ces années au soleil conjuguées à mes habitudes nocturnes et par conséquent plus fatigantes pour la vue n'aient pas été des plus profitables pour ma vie actuelle, peut-être le fait que je travaille beaucoup plus sur l'ordinateur aussi ? Quoiqu'il en soit, je n'y avais pas vraiment prêté attention jusque-là, parce que je suis sujette à des crises très violentes parfois qui commencent souvent par une modification de ma perception de ce qui se trouve autour de moi, cela commence par devenir flou progressivement, se troubler et forcément c'est assez angoissant, mais je commence à m'y faire et à vaincre peu à peu l'état d'angoisse dans lequel cela me plongeait si bien que généralement je finis par retrouver très vite ma perception habituelle du monde et dans le cas contraire, je tourne cela à la dérision en me disant que c'est une chance de pouvoir découvrir les choses et les gens sous un autre angle, c'est la mise en pratique directe de "renouveler sans cesse son regard sur le monde", mais voilà hier soir, arrivée en ville l'oeil démesurément scintillant et légèrement troublé par les lumières, j'avais à nouveau le regard légèrement altéré, ce qui n'empêche pas que j'y vois parfaitement, mais les détails que je voyais avant de nuit et dans toutes les zones d'ombre m'échappent aujourd'hui et mon regard n'en est que plus déstabilisant.

Je fais comme si tout est normal, de toute façon j'ai souvent le regard lointain, peu importe, on rentre chez la Fnac et là je me rends compte qu'un concert se prépare, qu'il y a de nombreuses tables d'auteurs en dédicace et... beaucoup de monde !
Je me ressaisis un peu et vois à quelques pas de moi un des livres illustrés par Benjamin Lacombe qui me fait rêver, je m'approche, il y a un exemplaire mis à disposition pour être feuilleté, génial !

Benjamin Lacombe
Je fais la même chose avec à peu près tous les autres livres autour (et oui, je suis là aussi pour faire des cadeaux !), puis je change de rayon, je jette un oeil aux dvds, vise quelques coffrets, les lumières sont trop fortes à ce rayon, je parle à l'amoureux du coffret que j'ai tout de même eu le temps de repérer (on ne me changera pas ;)) et on se retrouve dans le rayon livres (très, très mal organisé du reste ! Je ne sais pas pourquoi ils ont modifié tous les rayons, mais c'était légèrement le bordel, bref ! ) le problème est que pendant que j'étais perdue dans mes pensées, je ne m'étais pas rendue compte que je paraissais fixer une table autour de laquelle deux auteurs étaient assis pour leur dédicace jusqu'à ce que l'un d'entre eux fasse un mouvement, lui aussi visiblement me fixait avec un sourire.
Moi, complètement déconnectée à cause de mon regard troublant, je ne l'avais pas vu venir évidemment, je le vois écrire quelque chose, j'en profite pour m'esquiver discrètement profitant de personnes qui passaient à ce moment-là.
Mais le voilà devant moi avec les fiches présentant son livre, le présentant, etc., bon je me dis qu'il fait son boulot après tout, alors que voulez-vous il a l'air plutôt sympathique, et connaissant les difficultés d'un auteur je me dis que je peux bien jeter un oeil à ce qu'il fait, je le remercie et m'en vais, direction le rayon jeunesse. Absorbée par les inventions de Leonard de Vinci, je ne m'étais pas rendue compte que quelqu'un m'observait, lui encore ! Il était là, faisant mine de regarder un livre pour enfants (bien que cela ne soit pas forcément un indice en soi, il écrit des romans noirs et n'avait vraiment pas la tête de quelqu'un qui s'intéresse aux livres pour enfants) et me lançait des regards en coin avec un large sourire, décidément si il s'agissait toujours de coïncidences, la coïncidence était bien insistante dans ses sourires, là je me suis dit qu'il était temps de filer à l'anglaise...
Rayon musique, j'essaie de retrouver l'amoureux à travers cette foule, et puis bien sûr je me rappelle qu'on s'était donné rendez-vous au rayon livres tout à côté de celui dont j'avais le communiqué de presse entre les mains, j'essaie de me faufiler discrètement en prenant pour camouflage une dame et son large manteau (quand on improvise, il faut faire avec ce qu'on a) et une fois glissée dans un rayon je me mets à regarder machinalement ce que j'ai dans les mains et me rends compte que le "roman très sombre" qu'il a écrit s'est retrouvé en lice pour le Grand Prix de la littérature policière 2008, une sorte d'équivalent en un peu moins bien du "prix Goncourt" du polar, mais qu'il a tout de même obtenu de nombreux prix (j'ignorais qu'il existait autant de prix en littérature policière).

Bref, l'amoureux me retrouve, on se dirige vers les caisses, on parle de choses et d'autres et arrivée au guichet alors que la demoiselle est en train de passer la carte, je me mets à plier les feuilles que j'ai entre les mains m'apprêtant à les glisser dans le sac quand je me retrouve nez-à-nez avec quelque chose écrit au dos et juste en dessous ce qui ressemble à un numéro de téléphone...
Vous n'imaginez pas ma gêne quand j'ai réalisé que ce que j'avais vu écrire plus tôt était en réalité quelques mots doux accompagnés de son numéro !
Pour arranger le tout, j'ai éclaté de rire (ça doit être nerveux) n'en revenant toujours pas du culot de cet homme m'ayant pourtant vue avec l'amoureux et n'ayant pas eu peur de me donner ce papier ! La bravoure est une qualité que j'apprécie, mais l'arrogance ou la stupidité beaucoup moins. J'ai trouvé ça presque insultant et en même temps tellement "surréaliste", visiblement l'amoureux trouvait ça beaucoup trop réaliste à son goût je crois, bref il était inutile d'accorder plus d'importance et de notre temps à cet épisode, nous sommes sortis oubliant l'incident et éclatant de rire en pensant à nos prochaines petites folies...

Je suis sûre que vous avez des tas d'anecdotes avec ce type de personnes plutôt "insistantes" (pour ne pas dire "lourdes" :)), et le pire c'est que cette personne ressemblait terriblement à un auteur très médiatique qui m'exaspère !
We Love Heimstone ! (et code promo)

Avis aux amatrices d'Heimstone, la marque créée par les deux charmantes créatrices Alix et Delphine est actuellement proposée à l'occasion d'une vente exceptionnelle sur le site "We Love" et je vous propose un très bon plan.
Pour exemple, la robe Jefferson originalement à 310€ est désormais à 89€, mais ce n'est pas tout, j'ai un code promo pour vous à utiliser sur n'importe quelle pièce de la collection proposée et qui vous donnera droit à 10% de réduction supplémentaire :
Code promo : "HEIMSTONE"

Si vous avez besoin d'une ravissante robe pour les Fêtes, c'est peut-être l'occasion d'y songer sérieusement, surtout quand on connaît les prix de vente habituels...
La livraison est prévue entre le 15 et le 19 décembre, ce qui vous laisse de la marge pour vous préparer ;)
Ma petite sélection des modèles issus de la collection :

Que de belles matières entre soie et cuir, mais je crois que ce que j'aime encore plus ce sont les petits noms choisis pour chaque modèle :
Grimoire, Excalibur, Troubadour, Donjon, Petit Lord et une de mes favorites dont le nom me plaît pourtant nettement moins : Mustang de couleur perle, vous pouvez la voir en bas à droite, j'aime beaucoup celle au col claudine tout en haut (Donjon), et petit lord, et ...
Vous ?
vendredi 28 novembre 2008
Twilight or not Twilight ?
Depuis quelques temps, j'observe un peu à l'écart de toute cette agitation le raz-de-marée Twilight, il faut dire que je n'ai toujours pas lu les livres, je connais les grandes lignes de l'histoire mais sans avoir pu vraiment avoir eu le temps de "capter" le style de son auteur ni même suivre l'histoire en elle-même dans la mesure où je n'ai aucune idée de la façon dont Stephenie Meyer s'y prend pour fasciner à ce point et tenir de façon aussi magistrale son lectorat, je vais devoir attendre encore un peu avant de découvrir cette série de livres (au fait, quelqu'un sait combien de tomes sont prévus ?).
Et puis, derrière les "fans" de Twilight, il y a les quelques réfractaires qui poussent de la voix maudissant l'écriture de Stephenie Meyer, s'exaspérant de diverses choses dont je ne peux évidemment pas débattre puisque je n'ai pas lu les livres, mais je dois dire que tout ceci me rend extrêmement curieuse, ne serait-ce que pour Edward, ce personnage dont on croit tout savoir et dont je ne sais rien hormis quelques détails me poussant à aller à sa rencontre...

Le phénomène Twilight proviendrait du pouvoir hypnotique du personnage qu'est Edward ou du couple Edward/Bella ? Ou de toute autre chose ?
Pour celles qui l'ont lu/le lisent, qu'en pensez-vous ?

Je me souviens être longtemps restée étrangère au phénomène Harry Potter, j'ai dû commencer à lire les premiers livres à la fin du lycée (et encore !), soit il y a quelques années seulement alors que des personnes de mon âge l'ont découvert dès le collège, à croire que je fuis à l'approche du moindre bain de foule, curieusement et contrairement à ce que je pensais, je n'aurais pas pu savourer plus jeune Harry Potter, j'aurais été bien moins réceptive à certaines choses parce que plus jeune j'étais encore bien plus exigeante que maintenant et que je n'aurais certainement pas pu dépasser le style de J.K.Rowling, donc finalement j'ai eu beaucoup de chance de le découvrir un peu "après tout le monde", je ne suis pas sûre qu'il en soit de même pour Twilight, bien que le mouvement des fans soit à peu près comparable, d'après le peu que j'en sais ces deux livres à l'image de leurs auteurs sont incomparables, mais qui sait, peut-être me laisserai-je de la même façon surprendre ?
Enfin, après avoir vu cette vidéo, je suis restée un long moment sans voix...
C'est tout de même un peu effrayant, non ?
Pour les twilighteuses anonymes, vous seriez prête à rencontrer "Edward" si il était possible qu'un tel personnage existe ?
jeudi 27 novembre 2008
De la chapka à la toque

L'autre jour, une copine me parle de l'une de ses trouvailles, de très jolies bottes en cuir à un prix modique, et me conseille d'aller faire un tour chez C&A. Tout de même étonnée, je me dis que la prochaine fois que je passe dans le coin je m'arrêterai bien quelques minutes, et c'est ce que j'ai fait.
Tout d'abord, première surprise, moi qui ne connaissais pas C&A, je suis frappée par les prix mentionnés sur les étiquettes ou plutôt du rapport qualité-prix, je remarque des articles de qualité égale ou peut-être même supérieure à une marque qui ne rechigne pas à aligner trois chiffres sur ses étiquettes, elle. Peu importe, à 20 ou 200, cela ne m'intéresse toujours pas.
Je continue et passe devant une paire de gants un peu dans le style de ce que je recherche, elle est en peau, doublée et de couleur noire, les gants sont longs et sublimés par une suite de boutons sur le côté, un petit côté rétro très discret qui me plaît bien, à cela on ajoute la douce chaleur dans laquelle mes doigts sont enveloppés, je crois frôler le bonheur. Malheureusement, il ne reste plus que deux paires, la première est bien trop courte (j'ai de très longs doigts) et la seconde comme sur-mesure, manque de chance elle a une tâche blanche, je laisse tomber, un peu déçue, puis je tombe sur différents types de bonnets tricotés à pompons...

... et la fameuse chapka toute de blanc vêtue.
Elle est là, devant moi, dans une magnifique et fausse fourrure blanche toute douce, l'intérieur est doublé en polaire et délicieusement chaud une fois sur la tête. Le prix : comptez entre 15 et 20 euros (désolée j'ai une fâcheuse tendance à "arrondir" les angles et ne jamais vraiment retenir les prix, pour ne pas faire d'erreur je préfère dire moins de 20 euros :)).
Si vous cherchez une chapka toute blanche, très mignonne avec ce côté scandinave et bien chaude, elle est parfaite, surtout à ce prix-là, mais dépêchez-vous, j'ai l'impression que les stocks s'épuisent rapidement...

Il n'en reste plus qu'une, mais je la repose : je ne cherche pas de chapka, encore moins blanche, même si je la trouve ravissante, le noir intense reste l'alter-ego de ma chevelure d'or, et puis ce que je recherche depuis maintenant un peu plus de quatre hivers, c'est une toque en fourrure noire, russe de préférence, à défaut de pouvoir trouver un merveilleux couvre-chef comme celui qui a révélé mon goût pour les chapeaux (hélas, le favori et précieux de ma belle-maman qu'elle m'a cédé le temps d'une journée enneigée !).
Depuis, je n'en porte que trop rarement d'ailleurs, mon imagination me perdra à moins que je n''apprenne entre-temps à réaliser mes idées, enfin je devrais peut-être jeter un oeil dans la friperie que j'ai repérée, c'est peut-être ma seule chance, on n'en fait plus des couvre-chefs pareils ou peut-être devrais-je demander conseil à l'un de ces messieurs chapeautés, j'ai remarqué qu'il y avait pas mal de maîtres chapeliers dans le coin...

Et vous alors, quel type de couvre-chef vous portez par grand froid ? Vous avez profité du "retour de la chapka" pour oser ?
mercredi 26 novembre 2008
El derecho de vivir en paz

Permettez que je m'allonge sur ce divan...
Aucun son, aucun mot, impossible d'exprimer ce que je ressens, c'est fou ce qu'un simple coup de fil combiné à un contexte de réformes peut avoir comme effet sur le moral.
Heureusement que par ailleurs il y a tout pour que je fasse d'immenses sourires, j'ai bien conscience de ma chance et je la saisis, mais je ne peux m'empêcher d'entendre cette marche, et là tout de suite je jette un oeil à tous les trésors de la pensée et de la littérature qui emplissent les bibliothèques qui m'entourent et je songe à tous ces livres interdits de publication, épuisés ou retirés en France ou ailleurs, je songe à ces quelques livres que j'ai pu recueillir, ceux que je mettrai peut-être une vie à trouver, mais cette pensée me réconforte, l'idée de pouvoir "préserver" ici quelques bribes écrites de l'humanité est bien apaisante...
Sur ce pas de danse, je vais faire ce que je fais de mieux, Vivre !
Yo soy como el chile verde, Llorona
Picante pero sabroso.
Dès demain, je vous reviens requinquée !
mardi 25 novembre 2008
Darling
J'y songeais depuis quelques temps déjà, j'avais tenté quelques approches ici et là, désormais c'est officiel, je déclare ouverte une nouvelle rubrique : La Tribune des femmes.
Pour l'inaugurer, je laisse la parole à Floriane :
Aujourd’hui mardi 25 novembre, c’est la journée internationale de prévention et de sensibilisation contre la violence faite aux Femmes – journée organisée notamment par Amnesty International.
C’est dans le cadre de cette journée qu’hier soir le cinéma indépendant de ma ville a diffusé le film Darling, projection suivie d’un débat entre le public et des représentantes d’Amnesty International et d’associations de Femmes.
Darling est un film réalisé par Christine Carrière, avec Marina Foïs et Guillaume Canet, sorti fin 2007 – assez anonymement d’ailleurs. Il est l’adaptation du livre Darling de Jean Teulé, basé sur l’histoire vraie d’une jeune femme accablée par toutes les horreurs possibles.
http://www.wideo.fr/video/iLyROoaft1_z.html
Darling, son vrai nom c’est Catherine. Elle est fille de paysans dans la campagne normande, elle habite au bord d’une nationale et éprouve une vraie fascination pour les camions et leurs chauffeurs. Le routier, c’est un peu son chevalier en armure, son fantasme du sauveur qui viendra lui offrir une vie meilleure. Car Catherine, humiliée par sa mère et battue par son père, refuse d’être une « paysante ».
La petite fille en surpoids grandit, échappe la semaine au quotidien de la ferme en faisant un apprentissage chez Madame Clément la boulangère – la seule figure aimante et rassurante du film, le seul témoignage d’une affection véritable et sincère. Catherine rêve toujours à son prince charmant en poids lourd, alors un jour elle décide de s’acheter une sibi, cette fameuse radio utilisée par les routiers pour communiquer entre eux ou demander de l’aide. Catherine se lance dans le radioguidage sous le pseudo Darling, et c’est comme ça qu’elle rencontre Roméo, alias Joël. Une première relation charnelle bestiale, face aux vaches de la bétaillère, et trois mois plus tard, Darling est enceinte et épouse son Roméo. Ce qui aurait dû être le plus beau jour de sa vie vire à la farce : un verre de vin baveur donné par son mari tache sa jolie robe, et sa bague de pacotille tombe en pièces détachées dans le lavabo des toilettes.
Le temps passe, et la vie de Catherine devient de plus en plus sombre. Un mari alcoolique, volage, violent (un fer à repasser dans la figure). Un mari qui la pousse à des pratiques sexuelles qu’elle ne peut pas refuser, et qui finit par coucher avec la fille au pair de la maison. Un mari qui se ruine au jeu, et qui va jusqu’à parier sa femme – et à la perdre : Catherine se fait violer par les trois joueurs et son mari, une nuit. Le lendemain, Joël tente de se suicider, elle coupe la corde et le ramène à la vie – une décision qu’elle ne pourra s’empêcher de remettre en question, plus tard.
Catherine subit tout cela, se laisse faire – d’abord et surtout à cause de ses trois enfants : deux garçons, et une petite fille qu’elle commence par haïr, puisqu’elle n’en connaît même pas le père (quatre violeurs, quatre possibilités).
Mais une nuit, c’est l’humiliation, les sévices de trop. Le mari et l’au pair emmènent Catherine dans le jardin, la battent, la forcent à faire la poule (je ne rentrerai pas dans les détails, le récit de cette nuit-là est sordide et terrible). C’est là que Catherine se rebelle, sonne chez le maire du village et s’effondre dans ses bras.
La suite, c’est l’hôpital, les radios, un médecin qui découvre une femme brisée de partout : traumatismes crâniens, fractures, contusions, hémorragies internes diverses… La suite, c’est Catherine qui veut refaire sa vie pour pouvoir récupérer ses enfants, qu’on lui refuse : son mari a porté plainte pour abandon, les enfants finissent par être placés.
La suite n’est pas bien belle, personne ne croit aux histoires de Darling, et quand enfin elle récupère ses enfants… c’est pour qu’on apprenne, juste avant le générique de fin, qu’elle finit par les perdre à nouveau, et que l’Etat les lui a repris. Ses enfants ne sont plus les mêmes, témoins innocents et impuissants d’une violence à vomir, ils ont changé, se sont endurcis et ont perdu tous leurs repères.
Marina Foïs est remarquable, loin de l’humour des Robins des Bois ou des autres comédies auxquelles elle nous avait habitués. Je retiendrai une scène en particulier : le lendemain du viol, habillée de vêtements sombres et informes comme pour extérioriser son dégoût d’elle-même, assise face à la machine à laver, un couteau de cuisine à la main… La douche qu’elle vient de prendre a laissé ses cheveux humides, et l’on sent la détresse sans fond de son regard, cette scène est particulièrement choquante et marquante.
Suite au film, la représentante d’Amnesty International a demandé qui, parmi l’assemblée, avait affronté de près ou de loin ce type de violence. Un bon dixième de la salle a levé la main. Moi y compris.
Mon grand-père était alcoolique, dépensait l’argent de la famille au bar et battait ma grand-mère. C’est tout ce que je sais. Ma mère refuse d’en dire plus.
Ce film a le mérite de nous montrer la réalité crue d’une violence qui se pratique en France aujourd’hui, dans la sphère du privé. Il veut nous sensibiliser à ces horreurs, appeler chacun à ses responsabilités individuelles : oui, cela nous concerne. Non, on ne peut pas fermer les yeux parce que cela se déroule au sein de la famille.
Les Femmes ont subi et subissent encore des formes de violence toutes plus atroces les unes que les autres, en France comme ailleurs : on peut parler de l’excision, du mariage forcé, des jeunes filles tuées pour laver l’honneur sali de la famille. On pourrait évoquer la violence psychologique et les humiliations verbales, les coups portés par le père, le mari, le fils.
Il faut remarquer que les femmes seules ne sont pas victimes, que la violence peut être subie aussi par les hommes, au sein de couples homosexuels ou non.
Ce film est une claque, il rappelle que le vernis civilisé de notre société n’a fait que cacher ces violences, les tolérer en un sens. Que dire d’une publicité comme celle-ci, mise en circulation seulement dix jours, mais dix jours de trop ?

Hier soir, le public était préparé à être sensibilisé. Mais le travail ne s’arrête pas là, il faut toucher les autres, ceux qui pensent que la violence est signe de virilité, de pouvoir, de domination. Ceux ou celles qui pensent qu’elle est normale.
Parce qu’elle n’est pas normale.
Merci à Une Princesse pour cette liberté de parole… merci.
Floriane
Au Charme français

(ça ressemble beaucoup à ma tenue "d'essayage", si on rajoute les collants et rallonge un peu la jupe, dans l'esprit c'est ça, très pratique quand on doit essayer des pantalons ;)
J'ai passé toute la matinée dehors à refaire la scène Pretty Woman dans les boutiques, depuis quelques jours déjà l'amoureux me proposait d'aller directement en séance d'essayage pour que l'on puisse trouver au minimum un pantalon bien coupé (cf ma quête du pantalon parfait). Bref, des jours que je traînais un peu les pieds mais aujourd'hui, une fois lancée, on ne pouvait plus m'arrêter, c'est bien simple, dès que je voyais un chapeau sur mon passage je me mettais à l'essayer en faisant toutes sortes de mimiques devant les miroirs (et les vigiles lol), une vraie petite fille, c'est d'ailleurs comme ça que l'on s'est retrouvé dans les Galeries Lafayette à faire un défilé devant des dames d'un âge respectable qui ont commencé par trouver que j'étais une jeune fille remarquable et que j'ai fini par conseiller dans leur choix de chapeau pendant qu'elles s'extasiaient sur ma chevelure, ma "tête à chapeaux" et évoquaient avec cet air exalté leurs souvenirs de jeune fille où elles faisaient tourner la tête des gentlemen de leurs longs cheveux. Je les ai laissé là le sourire aux lèvres, en promettant de prendre le thé la prochaine fois. En sortant, un homme venu d'une autre époque a ôté son chapeau devant moi en un large sourire (je trouve ce geste merveilleux, pas vous ?) , une bouffée de sociabilisation supplémentaire et nous voilà repartis dans le tourbillon citadin.
En passant devant une somptueuse parfumerie qui possède les elixirs les plus précieux, je me suis arrêtée un instant pour exercer mon nez et me faire servir El Attarine de Serge Lutens avec un zeste de Serge Noire, juste pour le plaisir des sens...

Cette version numérotée d'El Attarine est limitée à trente exemplaires et disponible exclusivement dans les Salons du Palais Royal Shiseido,
850 E les 75 ml
Finalement, j'ai accepté de me prêter au jeu de l'essayage de pantalons, je dois dire que le passage en cabine d'essayage est ce qui est le plus difficile pour moi, généralement j'ai toujours trop chaud, je me sens mal avec l'impression que je vais défaillir, je rentre avec plusieurs pantalons et j'en ressors totalement insatisfaite, mais ô joie, quelle merveilleuse idée que celle de rentrer dans cette petite boutique anglaise que je croyais exclusivement destinée aux lords et qui me fascinait depuis quelques temps.
A peine suis-je entrée que j'ai pu repérer deux pantalons, un bien chaud tweedé gris à chevrons avec ce côté Mrs Dandy qui décidément me colle à la peau et l'autre à peine un peu plus léger en flanelle de couleur noire, toujours dans le même style de coupe : taille et hanches bien ajustées et jambes interminables, j'étais encore loin de me douter de la merveille qui m'attendait ! Jusque-là, c'était bien trop beau pour être vrai, sans parler du prix plus que raisonnable pour une telle qualité.
Me voilà dans la cabine d'essayage, j'essaie le premier... il me va à la perfection ! Je me baisse, me plie, essaie à peu près toutes les positions, il me va toujours aussi bien, suffisamment bas pour ne pas bâiller à la taille, mais suffisamment haut pour bien couvrir la fesse et ne pas descendre peu importe la position, il est chaud, très confortable et épouse mes courbes, il est parfait !
Deuxième essai, je me dis que j'aurais forcément moins de chance, il est quasi-impossible que des pantalons m'aillent du premier coup, je passe le pantalon de flanelle et le deuxième miracle se produit !

Les deux petites merveilles so british qui annoncent mon anniversaire (et Noël tant qu'on y est)...
Quand l'amoureux m'a vu avec, j'ai cru qu'il allait faire une danse de joie, c'est vrai que non seulement il est très rare que quelque chose me plaise, mais les pantalons et moi c'est toute une histoire de "je t'aime moi non plus", je dois etre dans une période faste ! Et l'avantage de ces pantalons est que je peux les conjuguer de jour comme de nuit.
Finalement, la librairie étant à quelques pas de la boutique, on n'a pu s'empêcher d'y résister, on avait déjà presque plus rien, mais bon entre une gourmandise et un livre, on choisit la seconde solution, alors j'ai dit bonjour à ma libraire préférée qui attend un deuxième heureux évènement et on s'est perdu dans les rayons pour mieux se retrouver, lui m'attendait avec Les Bostoniennes d'Henry James et moi avec le Libro de Poemas de Garcia Lorca dans une super édition espagnole. Et puis là on a éclaté de rire parce que notre regard s'est posé en même temps avec la même pensée sur une très ancienne édition de De Profundis d'Oscar Wilde dans sa langue, mais le prix nous y a fait renoncer, enfin c'est peut-être partie remise et puis la libraire nous fait régulièrement des "cadeaux", de toute façon, je dois y repasser en décembre, elle m'a mis de côté un petit trésor qu'elle garde précieusement pour moi. Je suis vraiment trop heureuse de connaître un tel endroit, c'est un paradis pour les passionnés...
L'une des trouvailles du jour :

Dans un mois jour pour jour, c'est NOEL !
lundi 24 novembre 2008
Hibou en vue et timbres à personnaliser

Peut-être que certains parmi vous utilisent déjà ce service, mais je viens de découvrir il y a peu le site MonTimbraMoi qui permet de créer un timbre personnalisé avec la photo de son choix et cela m'enthousiasme au plus haut point !
Dans la réalité, je ne sais pas trop comment cela va fonctionner pour les collectionneurs, quelle valeur pourront avoir ces timbres (c'est tout de même important pour ceux qui s'y intéressent) mais je trouve ça assez formidable, je ne sais pas vous, mais moi rien ne m'ennuie plus que ce timbre uniforme à l'effigie de Marianne, peut-être que je tiens cela de mon grand-papa, à chaque fois qu'il m'envoie une lettre il est le seul que je connaisse à appliquer autant de soin dans le choix de ses timbres, c'est d'ailleurs grâce à lui que j'ai longtemps entretenu une collection de timbres et parfois même de correspondances impressionnante, des timbres qui ont voyagé à travers les âges, siècles et les frontières...
Je pouvais passer des heures à observer ces correspondances à la lueur d'une bougie sous le feu de la loupe, y chercher des codes me prenant pour Sherlock Holmes, des lignes effacées, manipuler avec une précaution infinie ces timbres et me lancer dans un énième tour du monde, cette fois-ci imaginaire, à travers les souvenirs de toutes ces personnes que je n'avais eu la possibilité de connaître et dont les mots et les timbres collés à la va-vite ou avec une minutie extrême se retrouvaient là, sous mes yeux.

Il est vrai que j'ai toujours attaché énormément d'importance à la correspondance manuscrite et bien que j'utilise pour des raisons pratiques l'Internet, je continue de façon plus épisodique à entretenir ces traces écrites, ne serait-ce que parce que je prends bien plus de plaisir à écrire à la plume que parcourir ces touches dont le son s'engouffre dans les méandres de l'ordinateur, on est bien loin du plaisir que je pouvais ressentir en faisant corps avec les touches du piano.
Comme vous le savez j'écris et si la prose s'offre à moi de temps à autre, la poésie reste mon élément de prédilection, là aussi je me retrouve contrainte d'utiliser l'ordinateur tout simplement parce que les éditeurs et autres personnes liées au monde de l'écriture avec lesquelles je suis amenée à travailler n'acceptent plus les manuscrits depuis des années déjà, c'est également un phénomène qui se propage dans les sphères de l'enseignement à travers des dossiers, copies que l'on demande aux élèves et n'accepte plus manuscrites mais "au propre", l'ordinateur est devenu ce Mr Propre de l'écriture sans bavure, épurée des fautes que l'on aurait certainement trouvé à l'écrit, ce qui est dommage à mon sens, car l'écriture se perd et si le logiciel de traitement de texte se charge de corriger les nombreuses fautes d'orthographe qui traînent ici et là, il est tout de même très triste de constater qu'à l'heure actuelle, et ce jusque dans l'enseignement supérieur et chez les profils les plus haut gradés, très peu peuvent prétendre écrire "sans faute", je sais que l'enseignement souffre, pas les moyens, pas le temps, victime des lois, mais je ne peux me résoudre à entendre que ce phénomène pourrait s'aggraver, on est bien loin du rayonnement qu'inspire Poudlard...

Bref, revenons-en aux timbres et à la possibilité de stimuler un regain d'intérêt pour l'écriture, ne serait-ce qu'à travers une simple correspondance. Et puis, qui n'a jamais rêvé de recevoir un hibou timbré ? ;)
La Poste propose une personnalisation totale du timbre, que ce soit pour une occasion spéciale à célébrer (naissance, mariage, réussite d'un examen, etc.) ou tout simplement pour apporter une attention supplémentaire au destinataire, votre touche, il suffit de vous rendre sur le site Internet www.laposte.fr/montimbramoi où il est possible de :
=> Télécharger la photo de son choix, celle qui deviendra le centre du cadre du timbre-poste. Le site met aussi à disposition une bibliothèque d’images organisée autour des thématiques du mariage, de la naissance, de l’invitation...
=> Créer notre composition à l’aide d’un outil de mise en page qui permet de zoomer, recadrer, effectuer des rotations, ajouter des éléments ou motifs pour donner une touche personnelle à son timbre.
=> Ajouter un message qui personnalise la feuille de timbres.
=> Partager notre création avec les autres internautes en la diffusant sur la galerie ou en adressant un mail à leurs amis.
Bon à savoir :
- Le prix de la planche de 10 timbres est de 12 euros maximum.
- Les timbres personnalisés sont livrés à domicile dans un délai d’1 semaine à compter de la validation de la commande.
I feel just like a child !

Noël se rapproche et je ne cesse de penser aux enfants, j'ai envie de refaire quelque chose cette année, pas seulement avec les enfants de mon entourage, je ressens le besoin de me retrouver auprès d'enfants malades.
Jusque-là, je n'étais plus certaine de retrouver le courage de le faire, je me sentais encore trop fragile pour être suffisamment forte pour eux, mais peut-être que cela pourra m'aider justement à surmonter mes propres difficultés, à aller puiser cette force en moi.
Par contre, je ne sais pas trop comment ça se passe ici, je ne connais aucune association dans cette ville ni dans le milieu hospitalier, j'espère que d'une ville à l'autre il existe le même type de structures, il faudra que je me renseigne ou peut-être que je vois avec mon beau-père qui travaille lui sur Paris, je vais voir...

En parlant d'enfants, je ne sais pas ce qui se passe en ce moment, mais tout le monde me parle d'enfants ou plutôt "d'avoir un enfant", peut-être parce que justement j'ai ce grand succès auprès d'eux et que j'ai ce côté grande enfant, mais cela ne fait pas pour autant de moi une super maman en devenir.
Je crois qu'il est très différent de s'investir auprès d'enfants qui ne sont pas les siens et d'en avoir soi-même, je sais que je suis très jeune encore mais je ne suis pas sûre de me sentir "prête" un jour à être mère, je n'envisage pas le fait d'avoir des enfants comme un acte égoïste, en pensant au plaisir que l'on peut éprouver en donnant la vie, mais il faut penser avant toute chose à l'enfant et tout ce que cela implique en termes de responsabilités.

( ça me fait fondre totalement ! )
Aussi géniale je puisse être pour les autres enfants, je ne compte pas m'arrêter d'écrire un jour ou de m'adonner à toutes sortes d'activités artistique, alors bien sûr, fût un temps où je considérais que cela pouvait être bénéfique pour l'enfant d'évoluer dans un milieu peuplé de livres et d'art dans un carrefour de langues, dans mon idéal il irait dans une école du type Montessori, en tout cas une école où l'on parle plusieurs langues et où les activités artistiques et de lecture ont un rôle important, mais à ce moment-là je n'avais pas conscience de la fragilité de ma santé, je me sentais invincible et autant dire qu'à trop frôler la mort on comprend que l'on n'est peut-être pas si fort que ça, enfin si d'une certaine façon on en sort plus fort encore parce qu'on a "vaincu", mais par ailleurs ça fragilise un peu je trouve, enfin c'est drôle je me surprends parfois à imaginer une vie avec un enfant dans plusieurs années, et puis je confronte cette vision avec ma vision actuelle et tout s'efface progressivement, parce que je ne suis tout simplement pas sûre d'être capable d'être une "bonne mère" ou plutôt d'apporter à l'enfant tout ce dont il pourrait avoir besoin, à vrai dire je crois surtout que j'aurais trop peur de lui transmettre un peu de ce que je suis, mais aussi de le voir frôler le coma dans une terrible crise d'asthme par exemple, peut-être qu'à trop vivre "dans l'instant", on n'arrive plus vraiment à se "projeter" de façon raisonnée, mais j'aime bien me dire que bien des surprises m'attendent, c'est ce qui me permet d'être plus sereine, de savourer plus intensément encore ce que j'ai actuellement et alimenter mes rêves...

Et puis, je ne sais pas, il y a quelques années, j'avais peut-être 16 ans, je me voyais bien plus tard devenir mère et globe-trotteuse (sans père je précise, je trouvais ça plus simple dans ma vision à ce moment-là), mon enfant sur le dos, déjà polyglotte et un livre dans la main pour comprendre sa maman, mais là je ressens trop le besoin d'être égoïste, de vivre ma liberté pleinement sans trop de soucis externes, c'est peut-être l'approche de mon anniversaire et le fait que ma mère m'ait eu si jeune ! Quand je pense que ma grand-mère l'a eu aux alentours de 27 ans, je ne me souviens plus très bien, pour l'époque c'était plutôt pas mal, d'ailleurs c'est assez étrange comme leurs récits divergent. Ma mère m'a toujours présenté l'accouchement comme la chose "la plus merveilleuse au monde" et quand j'insistais sur la question de la douleur, elle me répondait "un peu", et ma grand-mère comme la chose "la plus douloureuse", bon il faut dire qu'elle a eu une grossesse difficile contrairement à ma mère qui elle a passé son temps à voyager et étudier enceinte, d'ailleurs après ma naissance elle était encore plus mince qu'avant, avait une super belle peau et était rayonnante, c'est assez étonnant, non ? Je croyais que c'était le contraire en règle générale ?

Vous croyez que c'est honteux de dire que je fais un blocage à l'idée qu'un être humain puisse sortir de mon corps ? Et puis, ça doit être quand même assez douloureux si ça va jusqu'à "déchirer", je ne sais trop pourquoi l'idée de l'accouchement made in Hollywood qui enlève au passage les bourrelets en trop ne me réjouit pas vraiment non plus (vous imaginez vous faire ouvrir le ventre vous ?), non décidément I feel just like a child, on en reparle à la prochaine décennie !
From my womb to my tomb
I guess I'll always be a child
dimanche 23 novembre 2008
René Magritte, le thérapeute
Pour ceux qui me suivent depuis un certain temps, vous vous souvenez peut-être de mes "Un dimanche, un artiste", peut-être vous rappelez-vous de celui consacré à René Magritte (voir lien), je ne vais donc pas réitérer l'exercice aujourd'hui mais vous proposer quelque chose d'assez différent, un écho à l'article consacré le jour de son 110 e anniversaire "Qu'est-ce que j'ai bien pu vouloir dire dans ce tableau ?".
Je ne peux m'empêcher de réécrire ces quelques mots de Lautréamont :

Le Thérapeute, 1937, huile
Quand je vous ai invité à vous exprimer au sujet du Thérapeute, j'ai été émue de recueillir un aussi beau florilège d'interprétations. Je me suis abstenue de commenter parce qu'à mes yeux l'interprétation en révèle bien plus sur celui qui regarde que sur l'objet regardé.
Comme disait René Char "la vérité est personnelle" et chacun des mots partagés autour du thérapeute m'est précieux, je crois que Magritte lui-même n'aurait pu espérer un plus beau cadeau pour son 110 e anniversaire, car bien qu'il soit le seul à détenir la clé de son oeuvre, je pense que tout artiste se délecte, s'émeut, se réjouit quand son oeuvre suscite une telle richesse d'interprétations, cela permet non seulement de la redécouvrir sans cesse sous un jour nouveau, mais également de déceler le sens du Beau dans l'oeil de celui qui regarde...
Recueil d'interprétations
Je dirai... qu'il a voulu dire que l'homme est un voyageur qui peut vivre de l'air du temps ?
Mais le titre est "Le Thérapeute", donc si ce personnage est un thérapeute, ses vêtements de voyage disent peut-être qu'un thérapeute doit être capable de voyager dans l'esprit de ses patients ? Le fait que les oiseaux captifs soient blancs me fait penser qu'il retient des autres leurs bons côtés, ou de manière générale qu'il essaie de retenir ce qu'il y a de meilleur, pour bâtir ensuite sur du positif...
L'amie de Sarah-Lou :
Le thérapeute est lui même malade, il cache sous sa cape quelque chose qui le ronge de l'intérieur...
Francis :
Nous sommes souvent nous même notre propre prison, dont les souvenirs sont les barreaux " peut-être " Le Thérapeute " illuste -il cette pensée philosophique
J'ajouterais bien que les artistes sont souvent malicieux en nommant leurs oeuvres et en les peignant et qu'ils aiment volontiers brouiller les pistes !
Marianne :
une opposition entre le voyage et la prison, on a beau partir, on est comme des colombes en cage, notre esprit prisonnier de murs de chair ...
Flo :
La cage est ouverte...
Laeti. :
Se libérer de sa prison intérieure
Eré :
Sans pensées, la liberté est illusoire...
Petit prince :
La prison de l'homme est à l'intérieur, il pourra aller partout, voyager ; mais cela n'aura aucune valeur si il ne se sent pas libre, si il n'est pas libre dans son âme.
La Chipie :
Mes pensées rejoindraient certainement celles du petit prince du moins sur certains côtés. Enfin pour le titre, je préfère imaginer l'homme comme propre therapeute de son âme.
~~~~~~
Je vous invite à partager votre ressenti, et pour ceux qui n'auraient pas encore participé, ne soyez pas timides !
[Edit de 13h09 sans aucun rapport : IL NEiiiiiiiiiiiiiiiiiiiGE ! ]











