Une Princesse... In & Out The City

Féminitude, Elégance, Art et Culture : Confessions autour d'un T.

samedi 11 juillet 2009

L'Arlésienne était en deuil ?

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J'hésitais à revenir sur le défilé de Christian Lacroix mais il reste le seul créateur en Haute Couture à qui j'ai pu consacrer un article à travers mes "Rugissements dominicaux" et me dire que c'était peut-être son tout dernier défilé avait quelque chose de triste.

L'Arlésienne était en deuil comme elle l'est souvent, une silhouette toute de noir vêtue, jouant sur l'étoffe magnifiquement ouvragée, le travail des matières pour rehausser l'intensité de cette couleur majestueuse qu'est le noir, mais l'Arlésienne avait peine à cacher son teint de malade. Le foulard de soie noire, bien loin des farouches pirates tentait d'éteindre la démarche altière, le regard fier, la rythmique colorée, la flamboyance de l'oeillet, mais pourquoi donc emprisonner la chevelure dans ce foulard noir ?

Les détails affleurent, explosent même et me séduisent toujours autant, cette façon d'incruster et signer les collants pour habiller la jambe, encore et toujours le travail accompli par de précieux doigts de fée à travers les étoffes et l'incrustation des pierreries, mais également la finesse du pied, toujours ce pied extrêmement fin pour achever l'esquisse harmonieuse de la silhouette.

Christian Lacroix n'a pas dit son dernier mot.

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(Le retour de l'oeillet, enfin !)


mardi 27 janvier 2009

The Silent Film

Dans la lignée de ces jours derniers et parce que je ne me lasse pas de cette bien douce "bluette",  voici la bonne surprise concoctée par Karl Lagerfeld qui présente une Coco Chanel sous les traits d'Edita Vilkeviciute (dont je ne sais rien), le crime était -presque- parfait...

 


mardi 15 juillet 2008

D'Alexander Mc Queen à Carolina Herrera, la tête sous le chapeau !

Qui n'a jamais eu envie de sortir sous un chapeau comme d'autres ne peuvent sortir sans sac ?

Je rêve d'essayer un jour un chapeau et d'en sortir avec d'un pas décidé, mais pas n'importe lequel bien sûr, il faudra qu'un lien spécial nous unisse, que je puisse être capable de le porter sans m'interroger sur le regard des autres, une sorte de choixpeau magique en somme!

J'ai envie d'offrir à mes cheveux une parure, peu importe que ce soit un chapeau ou un bijou ou encore un serre-tête ("poétique" de préférence), voici mes inspirations du moment :

Alexander Mc Queen nous emmène vers de vastes étendues et j'aime ça ! Steppes à perte de vue sillonnant les fleuves écarlates devant les yeux hébétés des toisons, moutonnant sur de larges broderies d'orfèvres assoiffés de grandeur, une lignée de princesses défile...

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***

Carolina Herrera offre une plume à Guillaume Tell en guise d'arc et de flèches, mais serais-je en droit d'exiger de l'encre pour pouvoir accepter plus aisément cette invitation au voyage ?

Ces chapeaux sont particulièrement stylisés jusque dans leur moindre détail en dépit de l'apparente simplicité...

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***

Et vous alors, chapeau ou pas ?


mercredi 2 juillet 2008

Sélection Haute-Couture Automne/Hiver 2009 : Christian Lacroix (Chanel et Givenchy en arrière-plan)

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Détails du défilé Christian Lacroix : le soulier satiné à la finesse et la subtilité sublimes, rehaussé par un collant travaillé de broderies ou peint à la main, et une sorte de loup/voile de dentelle noire, animé de broderies intenses...  

Christian Lacroix, dandy, peintre et poète...

Je ne pensais vraiment pas écrire un article aujourd'hui après avoir jeté un oeil sur les divers défilés et plus particulièrement sur les maisons Chanel et Givenchy. De Chanel, je n'ai pas eu le temps de véritablement m'attarder sur les silhouettes parce que les coupes de cheveux uniformes m'ont lassée, j'ai eu l'impression de voir des reflets d'Anna Wintour et me retrouver perdue au beau milieu d'un palais des glaces sans pouvoir retrouver mon chemin, me heurtant à chaque pas contre un miroir, et pourtant les silhouettes retrouvées et assurées avaient de quoi me séduire sous certains aspects. Givenchy, sous l'influence de Ricardo Tisci me fait me retourner sur son passage, mais au-delà de ça, je n'ai ressenti aucune émotion particulière, peut-être n'était-ce tout simplement pas le jour...

Je n'osais me rappeler que l'un de mes Inspirateurs avait défilé, n'étant pas spécialement motivée après la déception de John Galliano, beaucoup trop Dior à mon goût et en perte de sa griffe acérée, Chanel qui ne m'offre des étincelles que de temps à autre, trop rares à mon goût depuis que Karl est Lagerfeld.

J'en avais presque oublié l'effet que pouvait provoquer sur moi un Christian Lacroix en pleine possession de son talent, je ne peux vous décrire à quel point j'ai savouré ce défilé, je me suis sentie chavirer à chaque vision, tantôt par une explosion de couleurs qu'un peintre n'aurait su retranscrire avec autant de justesse, tantôt par une mise en lumière des matières et ce travail somptueux sur le noir, la couleur la plus difficile et sauvage qui soit, j'en suis restée totalement abasourdie, sous l'effet d'une ivresse sans pareille.

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A noter : le travail des pierreries, technique espagnole ancienne (on peut l'observer notamment sur les tenues des torreador encore et autres tenues plus "traditionnelles"), que l'on retrouve beaucoup chez Christian Lacroix. Depuis ses débuts, la figure de l'Arlésienne ou de l'Andalouse reste la Femme qui inspire toutes ses créations...

Un hymne à la Femme, résolument fière, indépendante et plus que jamais femme, s'est déroulé sur un tapis reprenant l'exacte couleur de l'envers d'une cape de torreador, je crois que le détail apprécié par-dessus tout réside dans la finesse et délicatesse du pied dessiné par un soulier d'une finesse indescriptible, reprenant les codes oubliés de l'étiquette à la Cour d'Espagne (et ailleurs, période Renaissance, influences du XVIe siècle notamment), prolongement d'une jambe sans fin, détail dont Christian accompagne chacune de ses silhouettes, sans oublier le travail sur le collant. Je regrette de ne pas avoir été présente sur ce défilé, malgré le fait que je fuis tout cela depuis quelques temps, j'aurais aimé être là, contempler cela de près, savoir si Françoise, sa femme, avait marqué le début du défilé en récitant un poème de sa composition, m'imprégner de l'ambiance, de la mise en scène, de chaque détail dans toute sa splendeur...

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Cette silhouette en particulier dégage quelque chose de particulièrement majestueux (quelqu'un connaît le nom du mannequin ci-dessus ?), un port de reine, impressionnant, et la coiffure a beau être décidément très rock, voire punk, rien n'enlève à sa démarche, j'ai même l'impression que cela ne fait qu'accentuer l'effet. Ici, j'aime le contraste entre le haut qui a un côté guerrier, de par son aspect d'armure corsetée, sa "carapace" et le bas, nuage poudré bouffant, mousse vaporeuse dans laquelle on aimerait se glisser... 

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J'ai choisi cette création pour l'aspect "tableau vivant" qui s'en dégage, le travail des couleurs. Curieusement c'est certainement l'une des seules, je n'ose vérifier, à ne pas épouser et suivre la silhouette féminine, les courbes et la taille ne sont pas marquées, la coupe est droite et plutôt large alors que l'ensemble de la collection est animée par des coupes particulièrement féminines, mettant en valeur la taille ou suivant de près les lignes du corps, la silhouette reste plutôt courte.

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Arabesques de dentelle noire, bas délicieusement évasé, voire bouffant créant ainsi une harmonie avec une taille particulièrement marquée, le tout reste très féminin, on retrouve encore quelques codes utilisés conformément à l'étiquette (plutôt XVIe siècle), notamment au niveau des effets créés par les manches bouffantes, mais également les détails précieux...

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Ces tenues sont beaucoup moins ma "tasse de thé", trop "chargées", une silhouette que je trouve trop "empêtrée" dans ses étoffes, mais je ne pouvais passer à côté du travail des couleurs et jeu sur les matières là encore éblouissant...

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Les finitions de cette robe m'évoquent une rose, le bouquet de couleurs choisi accentue ce rendu particulièrement floral...

[C'est moi, la lumière ou ses épaules sont réellement squelettiques ? Sur le coup je voyais surtout la brassée de fleurs en bordure, mais la luminosité a attiré mon oeil sur ce qui me laisse quelques frissons dans le dos... ]

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... et broderies, mes veuves noires, à la manière des élégantes andalouses, reviennent, jouant sur les nuances, volumes et créant des silhouettes altières.

Je mettrai un bémol sur l'ensemble de la collection où l'on retrouve beaucoup d'immenses croix chargées de pierreries qui, dans la plupart des cas, arrivent à passer inaperçues s'insérant parfaitement dans la tenue, mais pour certaines silhouettes, le détail parfois trop envahissant a quelque chose que je trouve de "trop"...

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Pour terminer, non pas une silhouette rehaussée de noir, mais un contraste particulièrement frappant avec le fil conducteur, usant de tons particulièrement clairs, pastels et fleurs, ce n'est pas mon préféré tant au niveau de la coupe que du fond, mais je reconnais que les étoffes et les couleurs créent une harmonie radieuse sur l'ensemble...

Christian Lacroix, je vous salue !


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mardi 1 juillet 2008

Et si nous parlions Haute-Couture ?

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Le mois de juillet est là, je rêve d'eau à perte de vue, de couleurs, de peinture, de fraîcheur et pourtant je ne peux m'empêcher de penser depuis quelques jours à ces pièces hivernales que je rêve de retrouver dans ma garde-robe, celles que j'attends depuis plusieurs années déjà et que je scrute au fil des défilés Haute-Couture. Comme vous le savez peut-être, hier a signé le coup d'envoi pour plusieurs jours de défilés Haute-Couture en prévision de l'Automne-Hiver 2009, ce qui n'a pas manqué de rallumer cet espoir resté en sourdine de voir se glisser parmi ces nombreuses pièces LE manteau, LE(s) chapeaux, LA silhouette...

Il serait bien plus simple de la créer moi-même pour répondre à mes attentes (si entre-temps j'apprenais le travail de couture, en perfectionniste que je suis), mais cela fait quelques temps que j'ai cessé de dessiner les différentes silhouettes qui me font rêver, tenues, matières, étoffes. J'ai de grandes espérances que je place en certains couturiers qui ont les capacités d'insuffler en une simple pièce rêveries, art et inspiration, c'est ce qui me plaît dans la Haute-Couture, non pas son potentiel à rejoindre la rue, laissons cela au prêt-à-porter, la mode qui m'ennuie terriblement la plupart du temps, mais parfois une étincelle surgit, celle qui ne sera pas forcément reprise. A mes yeux, un défilé Haute-Couture est avant tout une occasion unique de voir se succéder évocations littéraires, artistiques, cinématographiques, peu importe les nombreuses évocations visibles à l'oeil curieux et attentif, c'est également une démonstration éblouissante de tout le travail réalisé par les nombreux couturiers, orfèvres, artisans/artistes, à partir de matières, d'étoffes, gage de qualité et effervescence de talents.

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Pour avoir assisté à plusieurs défilés il y a quelques années déjà, et avoir eu la chance d'être présente pour certains de mes "inspirateurs", l'un d'entre eux décédé depuis peu d'ailleurs, malheureusement je trouve regrettable que ces défilés accueillent bien des gens qui ne sont là que "pour voir et être vus", à mon grand regret, les défilés sont avant tout le lieu "où il faut être" et de plus en plus le type de lieux que je fuis parce que certaines choses m'horrifient, non pas des créations, mais de la faune qui s'y active, et ce malgré le bonheur que je peux éprouver en contemplant de près certaines pièces, en déchiffrant nombreuses évocations, références ou même "visions"... 

Je ne sais si cette année, je me sentirais suffisamment inspirée par ce que je vois pour en faire un article ici, mais cette année encore, j'espère trouver une illumination à travers ces défilés.

Une bonne nouvelle, le noir retrouvé, intense, fatal et pluriel...

Chez Stephane Rolland (Couture):

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Stephane Rolland est ma première découverte de la saison, a priori rien n'était là pour que j'apprécie cette silhouette, mais je me retrouve totalement hypnotisée, un des effets de l'intensité du velours noir, de l'ampleur contrastant avec la peau nue, le regard aussi peut-être...

Je reste hypnotisée sans pouvoir expliquer

...

Avec John Galliano pour la maison Dior :

Je suis globalement déçue par John Galliano, je m'attendais à quelque chose de plus ébouriffant, j'en ressors avec certaines références certes, mais aucune avec laquelle j'accroche réellement, la tenue ci-dessous et le jeu sur la couleur et les étoffes me plaît suffisamment pour oublier ce qui me déplaît, mais quelque chose me manque, une griffe plus acérée peut-être...

Remarque : la taille se fait très marquée et plutôt haute, ce qui n'est pas pour me déplaire, souvent agrémentée d'une ceinture corset (retour du New Look made in 1947 ?), au-delà du noir, on se retrouve face à une palette d'aquarelles et de tons plutôt poudrés... 

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J'ai l'impression de voir des sirènes partout, mais je préfère la sirène de la saison passée chez Jean-Paul Gaultier...

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Et Giorgio Armani Privé :

Je suis beaucoup moins sévère qu'avec John Galliano, parce que je n'attends jamais de "vraie" révélation venant d'Armani, sa touche se situe dans la perfection de la découpe bien plus que dans l'évocation artistique, néamoins je tenais à souligner ce tailleur particulièrement simple et sophistiqué à la fois, contrastant avec le mouvement vaporeux des cheveux, je trouve l'alliance sublime de sobriété.

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Et cette tenue qui m'évoque énormément de choses, un entremêlement des époques et des cultures, le tout accordé avec ces coiffures mi-"tirée à quatre épingles", mi-cheveux fous, j'aime beaucoup l'élégance qui en ressort, le choix de ces deux mannequins est très bon également (j'ai encore en tête un défilé Chanel où certains mannequins n'avaient aucun port de tête, se tenaient pratiquement voûtées et n'avaient aucune prestance, ça m'avait particulièrement choqué, alors j'ai tendance à le souligner beaucoup plus maintenant...)

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Bilan : pour l'instant aucune véritable "illumination", quelques pièces aux coupes irréprochables que je me verrai bien porter, plus particulièrement celles portant la patte Giorgio Armani, mais rien de suffisamment transcendant à mon goût, peut-être une mention spéciale pour la taille revue par Galliano, mais en attendant, aux suivants !

Et vous, la Haute-Couture ?


mardi 29 janvier 2008

Sélection Haute-Couture Printemps/Eté 2008 (Part III : John Galliano pour la maison Dior)

Chez Christian Dior :

John Galliano ou devrais-je dire le Dali de la Haute-Couture ?

Le dandy vient tirer le lait de son extravagant Narcisse dans son goût prononcé pour l'Art fait matière. Après avoir exploré jusqu'aux confins de la Littérature en y allant chercher un marquis qui n'a de triste que le nom, s'être aventuré à travers quelques toiles devenues vivantes, une sorte de portrait de Dorian Gray démultiplié, un Pygmalion encore aux ébauches de sa sculpture, il semblerait que John Galliano se soit attardé entre la fin du XIXè siècle et les années 50. Des muses voluptueuses aux formes géométriques et aux ornements précieux de Klimt au new look si justement capté par l'oeil d'un Henry Clarke à travers les silhouettes longilignes à l'excès, vues notamment à travers certaines campagnes Balenciaga des années 50 ou encore d'un Christian Dior des origines (voir précisions sous les photos).

Les coiffures patiemment disciplinées à coups de rouleaux et de plaques chauffantes, successeurs des chignons bananes mêlés à l'orientalisme de certains volumes dignes d'une geisha des temps modernes, pour d'autres les coiffures Klimtiennes (cheveux savamment crépus/frisés et dressés de part et d'autre de la tête) suffisent. Les chapeaux et autres couvre-chefs, à l'image des coiffures prennent eux aussi du volume et de l'ampleur.

Les couleurs explosent. Quand le noir semble être couleur dominante, c'est uniquement pour mettre en relief les ornements précieux, peintures à la main, ou encore les formes géométriques caractéristiques de l'art de Gustav Klimt (voir cet article ).

Qu'il est bon de retrouver chacune des collections de John Galliano en essayant d'y deviner une toile,  saisir une inspiration furtive ou encore des passages de la Littérature...

De la Haute-Couture comme je l'aime, salutations à l'artiste !

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A gauche : le new look, revisité par John Galliano, 2008  (silhouette longiligne à  l'excès) ; sur la droite : campagne Balenciaga, hiver 1955

Le bleu irradie sous le pinceau-plume d'Yves  Klein, sur fond de lourdes tentures drapées bleutées me plongeant  dans de profondes rêveries, serait-ce une geisha des temps modernes ? La coiffure m'inspire... 

Réminiscences des créations post-Sade ?

Notez le détail des souliers ci-dessous :

   

On se rapproche doucement des ornementations Klimtiennes :

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Ci-dessus, à gauche : Henry Clarke fait une série de clichés pour Christian Dior, nous sommes dans les années 50 et la maison Dior est en plein "new look". Sur la droite : en 2008, J. Galliano revisite les fondations de la maison Dior , silhouette, gants, tailleur et couvre-chef, en y ajoutant ses propres inspirations (ornementations précieuses, figures et matières à la sauce Klimt)

Le chapeau est bien plus qu'un accessoire, il devient parure, une sorte de seconde chevelure, ci-dessous une couverture de Vogue en 1957 :

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La chevelure empruntée à celle des dames au new look, les robes à fleurs sont néanmoins remplacées par les couleurs et ornementations du pointilleux et précis/précieux Klimt (voir le détail du voile ci-dessous)

  Danaé, par Gustav Klimt

Sans chapeau, la chevelure explose, les cheveux franchissent les limites de la gravitation et les toiles deviennent vivantes effaçant les mannequins.

Portrait d'Adèle Bloch-Bauer, par Gustav Klimt

Cette robe est une sublime référence à celle portée par la muse favorite de Gustav Klimt, Adèle Bloch-Bauer. L'ampleur est la même, une harmonie se dégage de l'effet bouffant du bas dans une sorte de symétrie, effet-miroir avec la chevelure...  Les couleurs sont étourdissantes, et ce malgré mon aversion pour le jaune !

Entre autres détails précieux, les feuilles d'or, si chères à Klimt dans son souci du détail et de l'ornementation (ne surtout pas oublier que Klimt a commencé par la décoration ornementale avant de l'introduire en peinture ), se retrouvent également ici.

Ma favorite reste l'incarnation de la toile La Médecine ci-dessous, dont je vous avais parlé ici :

Quelques autres muses défilent...

Et l'inspiré arrive :

A suivre, Christian Lacroix...


samedi 26 janvier 2008

Sélection Haute-Couture Printemps/Eté 2008 (Part II : Chanel et Givenchy)

Poursuivons notre route sur les sillages de la Haute-Couture.

Chanel :

Chez Chanel, Karl Lagerfeld continue d'opérer et malgré quelques pièces éblouissantes, je suis globalement déçue. Les mannequins semblent errer sur la banquise vêtues d'uniforme qui évoqueraient pour un peu le manchot empereur. Le port de tête est  inexistant, certaines épaules sont même voûtées, révélées par la rondeur des manches de la veste emblématique de la maison. La jupe se drape à la manière d'une tulipe, mais révèle des jambes un peu trop parallèles dans leur raideur, ce qui n'est arrangé en rien par la platitude des souliers : ballerines à profusion, chinoises revisitées ou encore version mocassin. Quelques relents victoriens s'ajoutent à certains cols de chemises, mais là s'arrête la comparaison. A travers toute cette blancheur grisâtre ressort une impression de désolation à peine rehaussée par les teints nacrés des mannequins. Il semblerait que le coquillage soit à l'origine de cette inspiration, j'ai cru apercevoir la silhouette d'une sirène le temps d'une apparition, mais elle s'est rapidement effacée pour laisser passer les "petites impératrices" aux robes et diadèmes de princesse, couleur banquise ou d'un ciel tristement gris...

Les femmes, malgré la volonté de garder la veste emblématique Chanel agrémentée de ses épaulettes rondes, restent des enfants et ont du mal à supporter le poids  de leur veste, mais où es-tu Gabrielle ?

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La veste emblématique de la maison Chanel revisitée par Karl L., associée à sa jupe tulipe coupée court

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Port inexistant, dos voûté, les épaulettes et les souliers plats accentuent cet effet, très peu flatteur pour la silhouette

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Jambes parallèles particulièrement maigres qui contrastent avec la jupe bouffante, toujours le même problème de silhouette, effet renforcé sur la "banquise"

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La robe aurait pu être ébouriffante, mais le port tombant lui dessert, les ballerines ici me plaisent particulièrement

Mes deux "coups de coeur" :

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Les deux "petites impératrices" :

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Givenchy :

Du côté de Givenchy, il me semble apercevoir entre deux silhouettes échappées d'un univers matriciel où le pantalon devient seconde peau et la silhouette résolument conquérante, les cygnes entrevus le temps d'un ballet étoilé. Les plumes dévoilent de délicats cous blancs, mais surtout une silhouette gracile qui reste assurée et résolument digne. Le lac n'est pas loin, et les détails affleurent. Les jupes tournoient en de délicats volutes et les cols se resserrent, grimpant sur le cou, parfois même une lavallière ose s'y nouer délicatement dans un élan passionnel, le romantisme se redécouvre.

Les souliers portent la silhouette élancée, les talons s'aiguisent et les lanières grimpantes se hissent parfois même jusqu'au genou à la manière d'une spartiate. Les orteils sont dévoilés, parfois enveloppés dans le voile des collants, mais aisément découvert.

Pour apporter un point négatif : la robe de mariée (voir dernière photo) qui semble être un enchevêtrement de tissus et d'étoffes dont on ne peut se déparer que très difficilement, ce qui renforce l'impression d'étouffement.

Pour le reste, les détails et le chant du cygne m'ont particulièrement séduite...

Je ne sais si c'est le détail en lui-même ou le voir si justement porté qui m'a plu...

Coup de coeur pour ces si délicats cygnes, je me verrai bien porter la tenue ci-dessus, je la trouve à la fois sobre et éclatante, néanmoins pour une tenue un peu plus "portable", je remplacerai les collants blancs et les souliers pour éviter le "trop blanc" pour mon teint , en fait c'est typiquement le genre de tenue dans laquelle j'aimerais sortir et qui reste dans mon style, à la fois cavalière et féminine, sobre et créative,  je l'aurais peut-être préférée noire, mais dans ce contexte précis, le blanc est indispensable...

Il ne me reste plus qu'à demander à la maison Givenchy de me l'offrir :)

   A suivre : John Galliano pour Dior et Christian Lacroix...


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jeudi 24 janvier 2008

Sélection Haute-Couture Printemps/Eté 2008 (Part I)

Jean-Paul Gaultier :

Les Sirènes à l'honneur ! Cette collection est placée sous le signe des cheveux encore mouillés (frange soigneusement gominée), on n'aperçoit la sirène que lorsqu'elle sort de l'eau, les cheveux se portent longs et ondulés, de détails inspirés de la mer ou du mythe de la sirène : les jupes serrées au niveau des hanches jusqu'à mi-cuisses, le reste devient vite évasif, les détails des poches "coquillage", la sirène se révèle être une superbe mariée retrouvée sur son rocher. Mais les inspirations ne s'arrêtent pas là, les motifs affleurent, les fleurs se dessinent à même la peau et grimpent le long des jambes, des bras, parfois même sur la poitrine, l'art corporel devient matière, habille le corps si bien que l'illusion brouille la vision.

Les tailleurs jouent toujours autant sur l'ambivalence du masculin, mais se féminisent définitivement à travers l'allure folle que confèrent veste cintrée associée aux épaules "galonnées", un brin martial, mais qui ajoute une note plus corsée à l'ensemble. De la même façon, certaines réminiscences du "marin" se retrouvent enfouies dans plusieurs détails au détour d'une veste ou encore d'une casquette...

Côté accessoires, il semblerait que Jean-Paul Gaultier se soit amusé à revisiter la spartiate (dont je parlais il y a quelques jours), la féminiser de son talon indispensable et surtout ne pas oublier les lanières grimpantes autour des chevilles qui me sont si chères...

Les parapluies/ombrelles affleurent de part et d'autre et laissent leur étole tomber en frange soyeuse. Encore une fois, les codes sont bousculés et les inspirations s'emmêlent, mais peut-être plus que jamais j'ai la sensation de voir un Jean-Paul Gaultier revenu s'abreuver à la source, peut-être l'envie du large ou de cette île à la végétation luxuriante ?

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Détail des poches "coquillage"

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Le marin est une femme !

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La Sirène

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Elie Saab :

Rien de bien transcendant, un défilé de tenues de cocktails aux coupes qui restent relativement classiques. Les matières sont précieuses et quand leur aspect ne brille pas, on ajoute une dose de paillettes savamment parsemées pour  capter le regard tant bien que mal.

Tout cela revêt un aspect trop "lisse", uniforme, "impeccable".

Je ne vous présente que deux parures, il me manque dans chacune de ces tenues LE détail, la magie qui pourrait m'envoûter, hélas cela reste bien pâle, malgré l'amas de paillettes argentées :

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Franck Sorbier :

Quelques trouvailles, et un bémol pour les tenues masculines ! Si la plupart du temps, je trouve le style masculin/féminin particulièrement réussi chez une femme, quand ça la rend encore plus féminine, l'inverse n'est pas toujours vrai, et Patrick Sorbier aurait pu y voir un présage. Quand les tenues masculines s'éloignent de l'aspect "jean déchiré" (voir deuxième photo ci-dessous, j'ai dû mal à qualifier la tenue du jeune homme), c'est pour se féminiser à tel point que l'on a du mal à ne pas se demander si il n'aurait pas essayé les sandales de son amie et quelques autres accessoires (voir troisième photo), l'ensemble reste surprenant. En revanche, les silhouettes féminines apportent beaucoup de fraîcheur à l'ensemble, et plus particulièrement leur chevelure incitant à la rêverie.

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J'ai totalement craqué sur cette photo, l'association avec la tenue de la petite fille est sublime, totalement décalé et il en ressort une impression de douceur inouïe...

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Un bémol particulièrement criant pour la tenue masculine, regardez plutôt la demoiselle à l'ombrelle

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Les sandales portées par le jeune homme m'ont clouée sur place...

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J'ai beaucoup aimé l'ensemble, et c'est le seul moment où j'ai réussi à apprécier une tenue masculine, même si je ne suis pas très "fan" de l'ensemble chaussettes hautes/bermuda/raie sur le côté, l'effet petit garçon est bien là, tout comme la jeune mariée porte une sorte de robe/tutu avec des jambes bien trop fines, le couple incarne l'enfance retrouvée... 

Je ferais prochainement la suite en "clouant" mes créateurs favoris...

Crédits photo : Madame Figaro


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vendredi 24 août 2007

Chanel Haute-Couture Fashion Show Winter 2008



« Ma curiosité est insatiable, je vampirise l'air du temps ! »

(Karl Lagerfeld)

Voilà ce qu'est devenue la maison Chanel, revisitée par Karl Lagerfeld...

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Alors une préférence ? Karl ? Coco ? Les deux ?


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CHANEL: Défilé de la collection 1959



"Soyez mal vêtue, ils remarqueront la robe. Soyez impeccable, ils remarqueront la femme"

(Coco Chanel)

Comment une femme a hissé l'élégance à son apogée, notamment avec l'invention de la fameuse "petite robe noire" si précieuse, devenue basique indispensable dans toute garde-robe. Il fallait "oser le noir".

Retour en images sur ce qu'était la maison Chanel du temps de Gabrielle, alias Coco Chanel...

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Coco, née Gabrielle

(robe noire, nombreux bijoux dont elle raffolait, petit noeud façon Lavallière, chapeau et cigarette aux lèvres, un style, un nouvel hymne à  la féminité)

Hormis la cigarette, le reste est tout autant d'actualité...

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Le style "Chanel"

(Notez les souliers, ce détail n'aura pas échappé à l'oeil averti, d'autant plus avec le retour actuel de la "bicolore", signature Chanel)


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