dimanche 24 février 2008
Portraits de Femmes révolutionnaires (Partie 4, Rosa Luxemburg et Dolores Ibarriru, alias La Pasionaria )
" ¡ NO PASARÀN ! "
("Ils ne passeront pas")
[ Dolores Ibarriru ou La Pasionaria ]
Portraits de Femmes révolutionnaires (Partie 3, Louise Michel et Rosa Luxemburg)
"Il n'y a de liberté pour personne s'il n'y en a pas pour celui qui pense autrement."
[Rosa Luxemburg]
Portraits de Femmes révolutionnaires (Partie 2, Olympe de Gouges et Louise Michel)
"Tant que les études n'auront pas une méthode encyclopédique de manière à élargir l'horizon au lieu de le restreindre, il se joindra à tous les obstacles de la pauvreté qui entravèrent le vieux maître d'école, les obstacles du préjugé qui fait craindre ce qui ne fait pas partie du coin exploré."
"On ne peut pas tuer l'idée à coup de canon ni lui mettre les poucettes [menottes]."
"Je suis ambitieuse pour l'humanité ; moi je voudrais que tout le monde fût artiste, assez poète pour que la vanité humaine disparût."
[Louise Michel]
(1830-1905)
Portraits de Femmes révolutionnaires (Partie 1, Olympe de Gouges)
Exceptionnellement aujourd'hui, les rugissements dominicaux vont faire place aux Femmes Renversantes et qui de mieux qu' Olympe de Gouges, Louise Michel, Rosa Luxemburg et Dolores Ibarruri (plus connue sous le nom de La Pasionaria) pour illustrer cette catégorie.
Quatre femmes qui ont eu le courage de leurs idéaux, mais aussi quatre noms passés à la postérité qui ne sont que le reflet de toutes ces femmes luttant dans l'ombre. Je ne saurais écrire ici tout ce que m'évoque ce sujet, ce blog ne peut hélas pas être un salon où viendraient s'affronter penseurs libres, philosophes, intellectuels de tous horizons et artistes, mais j'ai envie de vous laisser ces documents que je trouve essentiels et suffisamment intéressants pour une entrée en matière. Prenez un moment, revenez-y dans la semaine ou dans quelques temps, ils sont à votre disposition.
Je terminerai sur une citation d'Olympe de Gouges, certainement le (premier ?) plus fort emblème de la femme révolutionnaire, et j'oserai dire de la femme tout simplement.
"La femme a le droit de monter à l'échaffaud, mais elle doit avoir également le droit de monter à la tribune".
[Olympe de Gouges
Article 10, Déclaration des droits de la Femme et de la Citoyenne]
Celle qui avait osé rédiger et dédié la Déclaration des droits de la Femme et de la Citoyenne à Marie-Antoinette parce que la reine elle-même n'avait pas le droit de vote finit guillotinée le 3 novembre 1793, peu après Marie-Antoinette.
mardi 18 décembre 2007
Louise Brooks, la garçonne devenue icône des années 20

Tout est parti de cette photo...
Je rêvais devant la pose nonchalante, l'abandon apparent dans lequel Louise Brooks posait, cette sensualité palpable à travers un simple visuel, le moelleux du divan, divin canapé en velours que je verrais bien auprès de mes bibliothèques, quand je me suis dit que Louise Brooks ne se limitait pas à Loulou, rôle qui l'a pourtant consacré dans le cercle très fermé des cinéphiles dont je fais certainement partie, ni même à une simple icône muette, pâle et immobile. Louise Brooks incarne certes les années 20, les sublimes parures, la garçonne avec cette coupe si atypique qu'aujourd'hui seule Chantal Thomass ose encore arborer sans jamais en modifier ne serait-ce que la longueur de sa frange, mais Louise Brooks est également l'essence de la féminité, la liberté, la vie, la sensualité, la mélancolie parfois douloureuse, la sensibilité artistique, c'est du moins ainsi qu'elle m'apparaît...
Retour en images :

"La beauté sera convulsive ou ne sera pas"
[André Breton, Nadja]




Mais assez de bavardages et de photos, je vous laisse avec la première partie d'un documentaire autour de Louise Brooks et de son époque qui vous ravira, j'ose l'espérer :
Louise Brooks, la garçonne devenue icône des années 20 (Part 2)
Suite et fin du documentaire autour de Louise Brooks et des années folles...
mardi 15 mai 2007
Marie-Claude Pietragalla
Comment ne pas rendre hommage à cette merveilleuse danseuse qu'est Marie-Claude Pietragalla... Danse avec la vie. On ne retient de la danse que la partie émergeante d’un iceberg gigantesque. L’inconscient collectif a enfermé la danse dans une case étroite où il n’est question que de mouvements gracieux, d’arabesques et d’entrechats. Et pourtant... La danse peut être un acte social fort, un moyen de dénoncer, un moyen de rassembler les cultures entre elles, un moyen de communiquer au plus grand nombre, une façon de s’extérioriser. Un art visuel où émotions, engagements physiques et intellectuels peuvent donner l’envie à certains jeunes d’en faire leur métier au prix de beaucoup de sacrifice et de volonté.
"Il y a des artistes qui semblent réunir tous les dons et Marie-Claude Pietragalla est sans doute de ceux-là : ex-danseuse étoile de l’Opéra de Paris, interprète des plus grands chorégraphes contemporains, elle est aussi chorégraphe et directrice de ballet. Une personnalité forte, exigeante et passionnée. Dès son entrée en 1973 à l’Ecole de danse de l’Opéra de Paris, Claude Bessy, la directrice, remarque la beauté, la présence, l’instinct de la scène de la fillette. Nul doute qu’il y a chez elle de la graine d’étoile. Celle que l’on prendra l’habitude d’appeler familièrement Pietra est engagée, à l’âge de seize ans, dans le corps de ballet.
En 1981, à l’issue du traditionnel concours annuel, elle accède au rang de « coryphée ». L’année suivante, elle devient « sujet ».
Le chorégraphe Maurice Béjart n’hésite pas à lui confier Bakhi III où l’on remarque sa silhouette élancée, son port de tête altier, son énergie à ciseler dans l’espace les mouvements anguleux.

En 1984, avec son partenaire Wilfried Romoli, elle interprète ce pas de deux au Concours international de danse de Paris ; ils remportent sur la scène du Théâtre des Champs-Elysées le premier grand prix par couple et la médaille de vermeil.
En 1988, Marie-Claude Pietragalla est nommée « première danseuse ». Cette année-là, on la remarque dans In the Middle Somewhat Elevated, le ballet virtuose de William Forsythe, dans la mise en scène du Martyre de saint Sébastien, que signe Bob Wilson, et dans le personnage d’Esmeralda, qui semble avoir été écrit pour elle par Roland Petit. Dans ce dernier ballet, la danseuse fait valoir des qualités dramatiques naturelles alliées à une rare intelligence de la scène.
En 1989, le jury de l’Association pour le rayonnement de l’Opéra de Paris (AROP) lui accorde son prix annuel, destiné à récompenser un jeune talent.
Le 22 décembre 1990 marque une date importante dans la carrière de la danseuse. A l’issue d’une représentation de Don Quichotte dans la version de Rudolf Noureev, elle reçoit le titre tant convoité de « danseuse étoile ». Une interprète de haut vol Dans Don Quichotte (1998).

Dès lors, Marie-Claude Pietragalla est de toutes les distributions. Elle interprète les grands rôles classiques, mais aussi le répertoire de Roland Petit où elle rencontre des personnages féminins forts, capables de mettre en valeur ses talents d’interprète : elle est une farouche et sensuelle Carmen ou la Mort énigmatique (Le Jeune Homme et la Mort).
En 1986 elle crée Arepo, de Maurice Béjart et Fantasia Semplice, de Dominique Bagouet, un jeune chorégraphe trop tôt disparu. Suivent Leçons de ténèbres, de Maguy Marin et Magnificat, de John Neumeier (1987), TanzSchul, de Jiri Kylian (1989), Points in Space, de Merce Cunningham et L’Histoire de Manon, de Kenneth Mac Millan, Dances at a Gathering, de Jerome Robbins (1991), Giselle, dans la version iconoclaste de Mats Ek (1993). Aucun des plus grands chorégraphes actuels n’échappe à la curiosité de l’artiste.
L’année 1993 marque une importante rencontre pour Pietra : celle de Carolyn Carlson, grande prêtresse de la danse moderne en France qui crée à son intention le surprenant Don’t Look Back, sur une musique de René Aubry. Carolyn Carlson fera également appel à la danseuse étoile en 1997 lorsqu’elle sera invitée à monter Signes, pour le Ballet de l’Opéra, dans la scénographie du peintre Olivier Debré. Artiste polyvalente, Pietragalla participe aussi bien à la recréation d’un ballet de Nijinski Till Eulenspiegel (1994) qu’à la nouvelle présentation des Variations d’Ulysse (1995), la pièce qui fit connaître, au début des années 80, un tout jeune chorégraphe nommé Jean-Claude Galotta.
Interprète de grand talent, la danseuse se risque à la chorégraphie dès 1988 avec un premier essai intitulé Boromabile sur une musique de Hugues Le Bars, connu pour ses collaborations avec Maurice Béjart. D’origine corse, Marie-Claude Pietragalla imagine justement Corsica (1996), une œuvre dramatique inspirée de la culture de l’île de Beauté, et elle fait appel au compositeur Petru Guelfucci pour le support musical.

A la tête du Ballet de Marseille:
En 1998, Marie-Claude Pietragalla prend tous les risques. Elle accepte de quitter le Ballet de l’Opéra de Paris pour prendre la direction du Ballet national de Marseille ainsi que de l’Ecole nationale supérieure de danse. Elle a la lourde tâche de succéder à son fondateur, Roland Petit, et entend mener une politique artistique toute différente. Elle inscrit au répertoire des classiques, mais dans des versions rajeunies, modernisées. C’est ainsi que Rudi Van Dantzig présente son Roméo et Juliette et que Eric Quilleré, premier danseur à l’Opéra de Paris, se voit donner une chance de monter une version toute personnelle de Giselle. A leurs côtés, on relève la présence de chorégraphes comme Paul Taylor, mais aussi Claude Brumachon et Maryse Delente avec lesquels Marie-Claude Pietragalla entend mener une collaboration de longue haleine.
Elle signe également des pièces pour la troupe phocéenne comme Vita (1999) et Sakountala (2000). Cette dernière œuvre, particulièrement ambitieuse et spectaculaire, est largement inspirée de la vie et de l’œuvre de la sculptrice Camille Claudel. L’image de la femme et de l’artiste maudite domine cette création qui fait appel à des artistes du cirque pour donner plus de valeur à sa dimension spatiale.
Monstre de travail, Marie-Claude Pietragalla a écrit une Légende de la danse et rassemblé, sous le titre Ecrire la danse, une série de textes de grands auteurs inspirés par l’art chorégraphique.

Sa devise : « Quand on veut fortement, constamment, on réussit toujours. » Elle l’a tout simplement empruntée à un certain Bonaparte. "
Jean-Claude Diénis, Journaliste au mensuel Danser.
A découvrir:
• La Légende de la danse, de Marie-Claude Pietragalla, éd. Flammarion, Paris, 1999.
• Ecrire la danse, sous la direction d’Alain Montandon, éd. Presses universitaires Blaise Pascal, Clermont-Ferrand, 1999.
• Site internet : www.pietragalla.com
En hommage à la danseuse qui m'a fait rêver et trembler sur scène il y a 12 ans déjà...
samedi 14 avril 2007
Des Amazones à la "femme phallique"
Nature féminine et activité guerrière, antinomiques dans notre société, ne semblent plus l’être dès que l’on parle des Amazones…
Mythe ? Réalité ? Les Amazones restent à ce jour une légende forgée dans la mythologie grecque. Cependant, il a existé et existe encore des sociétés matriarcales dans lesquelles les rôles figés dans le couple que forme la femme et l’homme, tels qu’ils sont appréhendés dans les sociétés patriarcales, sont inversés.
En effet, il a bel et bien eu des femmes guerrières, mais aussi des sociétés où la femme tenait le rôle que l’on tient pour destiné à l’homme.
Les Amazones, telles qu’elles sont dépeintes à travers les mythes grecs ne semblent pas avoir existé. Cependant, le mythe a cette faculté de façonner les pensées à travers les âges, ou tout du moins, à nous permettre une certaine réflexion sur nos sociétés, notre système de pensée, et dans ce cas, sur la femme, et de ce fait sur l’homme.
Etre une amazone signifie une réalité ambivalente : être l’égale de l’homme, mais aussi être l’ennemie de l’homme. Les Amazones étaient des femmes et cultivaient leur « féminitude » tout en entretenant et imposant leur liberté ainsi que leur force physique égale, voire supérieure à l’homme. Certains diront qu’ils s’agissaient de « barbares » (bien que le terme d’un point de vue sociologique soit inacceptable), car elles n’hésitaient pas à couper un sein à leur fille afin qu’elles puissent manier plus commodément l’arc…
Ne nous attardons plus sur le mythe des Amazones, car ce qui nous intéresse ici est non pas tant cette légende de femmes guerrières, si ce n’est ce qu’elles symbolisent et, à travers cela, une lignée de femmes (bien réelles), que je désigne sous le terme de « femme phallique ».
La « femme phallique » est bien une femme, mais ayant un talent pour s’extirper du rôle que la société lui impose. Je m’explique : la femme phallique n’est pas une femme avec un phallus, rassurez-vous, mais une femme à qui l’on pourrait attribuer certaines qualités qui passent pour innées chez l’homme (encore une autre aberration, puisque c’est la société qui se charge de lui attribuer cela, et non pas la nature).
Etre une femme phallique ne signifie pas vivre sans homme, non, cela signifie être une Femme qui n’a pas forcément besoin de l’homme pour vivre… Cela ne signifie pas pour autant être célibataire ou lesbienne (je vois bien que certain(e)s y ont déjà songé !), une femme phallique peut tout aussi bien vivre en couple, mais c’est peut-être un peu plus compliqué dans notre société que dans une société matriarcale, dans la mesure où le partenaire choisi doit être dans le même état d’esprit (cf. société matriarcale) ou alors être parfaitement équilibré et ne pas avoir des problèmes d’ego, en particulier concernant sa virilité. Et oui, la femme phallique ne perd pas son temps à simuler son orgasme pour faire plaisir, elle ne perd pas son temps à se soumettre sans le vouloir, ce qui ne signifie pas non plus qu’elle est égoïste, non, elle se plie à sa nature et ne cherche pas à s’encombrer de futilités, elle aime prendre les choses en main, ce qui n’est pas forcément pour déplaire à son partenaire, l’heureux élu, qui connaît des moments d’extase sexuelle…
Ceci n’est pas une apologie de la « femme phallique », mais un premier jet exploratoire sous couvert de quelques pointes d’humour vers une définition sociologisante de la « femme phallique ».
Comme je ne compte pas me rendre dans une société matriarcale avant un certain temps, j’aurais besoin de témoignages pour pouvoir étoffer le sujet…
dimanche 8 avril 2007
Betty Boop ou la réalité d'une époque
Certes, Betty Boop est un personnage sexy, mais également une femme qui s'assume, et un des premiers personnages animés à avoir une vraie conscience de ce qui l'entoure.
Lorsque les frères Fleischer créent le personnage de Betty Boop, ceux-ci sont toujours installés à New-York et cela influence leurs dessins animés. A l'inverse de Disney et de leurs autres homologues, la plupart des récits de Fleisher se situent en ville et non à la campagne. Les personnages de Fleischer sont finalement assez proches de ceux de Chaplin. Dans Silly Scandals (1931) Bimbo est obligé de frauder pour rentrer voir Betty chanter, ce qui nous permet de ressentir la température de la ville à cette époque. (Voir un ouvrage de sociologie très intéressant à partir d'une étude de la déviance dans la ville, Outsiders, de Howard Becker, éminent sociologue des interactions).
Les Fleischer n'hésitent pas non plus à utiliser des images "violentes" : dans You Try Somebody Else, un groupe d'animaux prisonniers finit sur des chaises électriques et continue de sourire et chanter alors qu'ils sont en train de griller... Le fait d'utiliser du jazz comme musique d'accompagnement n'est pas anodin non plus, les textes chantés par Cab Calloway et Louis Armstrong n'hésitent pas à parler de sexe et de drogue.
En plus de cet ancrage dans une certaine réalité, les frères Fleischer ont fait de Betty Boop un vrai personnage concerné par son temps et l'un des premiers emblèmes féministes du petit écran. En effet, à travers plusieurs épisodes, Betty démontre son fort caractère, arrive à battre des bandits, devient présidente, etc.
Le code Hays (censure) va modifier un peu le caractère revendicateur et particulièrement féministe de Betty Boop (évidemment dérangeant pour la société patriarcale) en faisant ralonger ses jupes (on ne voit plus de jarretière), en changeant les décors : elle se retrouve à la campagne, et en lui faisant incarner des rôles plus "raisonnables" en tant que femme, par exemple celui de maîtresse ou infirmière, des rôles qui sont restés des clichés pour femmes.
Ici, nous percevrons le personnage de Betty Boop, non pas comme celui édulcoré par la Censure, mais comme celui forgé par ses créateurs, les frères Fleischer, la femme sans corset, sans chaînes, seulement une jarretière peut-être...









La bulle glamour