Une Princesse... In & Out The City

Féminitude, Elégance, Art et Culture : Confessions autour d'un T.

dimanche 20 juillet 2008

La Dame au voile

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Marie-Suzanne Giroust (1734-1772), dite La Dame au voile, 1768, de A. Roslin

Les rendez-vous "Un dimanche, un artiste" sont plus ou moins laissés aux vacances, néanmoins l'Art occupant une grande place dans ma vie, il m'arrive très régulièrement d'avoir envie d'en parler ici, par extraits tout du moins, parfois juste une envie de partager une émotion devant une oeuvre, parfois de lancer simplement une phrase et de découvrir de nouvelles émotions, visions, ressentis à travers vos propres regards...

Il m'arrive souvent de m'interroger en observant une peinture, notamment sur la relation que pouvait avoir le peintre à son sujet, sur cette inspiration qui peut interroger suffisamment quelqu'un pour qu'il parvienne à en faire le sujet de sa toile, sur ce qu'il ressentait, mais aussi sur le sujet en lui-même. Prenons l'exemple de Mona Lisa, la Joconde (certainement l'un des tableaux le plus mondialement célèbre), je suis certaine que bon nombre d'entre vous se sont demandés au moins une fois, de façon consciente ou pas, ce que semblait vouloir dire son sourire, son regard, ce qu'elle pouvait éprouver, peut-être même qui était-elle vraiment ? Etait-elle heureuse ? (Cela éveille d'ailleurs un curieux écho du film Mona Lisa Smile que je vous recommande)

J'ai toujours eu une certaine fascination pour la symbolique d'un voile, peu importe qu'il soit visible ou pas, ce que je veux dire par là c'est que ce n'est pas juste le voile-objet qui m'intrigue, mais il est de ces voiles que l'on ne peut voir et que certaines personnes s'appliquent à porter chaque jour pour se dissimuler derrière, pour certains il s'agit d'un visage rieur afin de rendre invisibles certaines blessures, de mieux les enfouir, pour d'autres un développement du cynisme, de l'humour ou de toute autre chose qui permet de se cacher derrière, de "voiler" son âme...

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La Dame au Voile, Renoir

C'est en m'arrêtant sur cette toile que je me suis sentie bouleversée à cette vue, cherchant à me glisser dans la toile, trouver le regard de cette jeune femme les yeux légèrement baissés, cherchant à découvrir qui était cette inconnue, découvrir la grâce de ses traits, son teint de rose assorti aux fleurs dans ses cheveux, mais aussi cette couverture sur ses épaules, pourquoi cette couverture ?

Cela vous évoque quelque chose de particulier ?


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dimanche 29 juin 2008

Fête du Cinéma / Théophile Gautier et l'Art pour l'Art

Comme l'annonce le titre, le dimanche ne rugira qu'avec une certaine réserve et l'Art se prépare, mais ne bondira pas tout à fait cette fois...

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J'avais prévu de vous parler de Théophile Gautier, celui que Baudelaire appelait le "poète impeccable" et dont j'achève les Contes fantastiques, après avoir fait un détour par le Club des Hashischins et retrouvé mes Emaux et Camées, abandonnant Goethe à son divan pour Gautier.

J'aurais pu replonger dans mes lectures enfantines du Capitaine Fracasse, la passion du théâtre, la critique littéraire ou encore les théories sur l'Art, le rejet du Romantisme, l'avènement des Muses sur le Mont Parnasse et les nombreuses Illuminations provoquées par l'Art pour l'Art, saluant ainsi Mademoiselle de Maupin d'un baise-main signé du bout des lèvres par un regard intense et fébrile d'émotion, mais j'ai prévu une orgie cinématographique et je préfère m'éloigner pour l'occasion de ce fumeur de vers qui savait surprendre la beauté au détour d'un battement d'ailes, paupières de l'infini...

Pour me faire pardonner, je vous laisse avec quelques liens utiles pour découvrir certains écrits de Gautier en libre accès et version intégrale comme le Club des Hashischins, Le Capitaine Fracasse ou encore Le Roman de la Momie, disponibles en cliquant sur le lien suivant :

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/actions-france_830/livre-ecrit_1036/collection-textes_5281/foire-aux-textes_5283/theophile-gautier_16452.html

Vous pouvez également consulter la plupart de ses écrits (et d'autres auteurs) via Wikisource, la bibliothèque libre :

http://fr.wikisource.org/wiki/Special:Recherche?search=gautier

Et pour finir, je vous laisse avec un extrait de la préface à Mademoiselle de Maupin, l'un des textes fondamentaux sur lequel s'appuie la théorie de l'Art pour l'Art (dont vous pouvez lire la version intégrale ici ): 

[Théophile Gautier, extrait de la Préface de Mademoiselle de Maupin, 1834]

En vous souhaitant un excellent dimanche et Fête du Cinéma pour ceux qui pourront s'y aventurer !

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"Rien de ce qui est beau n’est indispensable à la vie. — On supprimerait les fleurs, le monde n’en souffrirait pas matériellement ; qui voudrait cependant qu’il n’y eût plus de fleurs ? Je renoncerais plutôt aux pommes de terre qu’aux roses, et je crois qu’il n’y a qu’un utilitaire au monde capable d’arracher une plate-bande de tulipes pour y planter des choux.

À quoi bon la musique ? à quoi bon la peinture ? Qui aurait la folie de préférer Mozart à M. Carrel, et Michel-Ange à l’inventeur de la moutarde blanche ?

Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid, car c’est l’expression de quelque besoin, et ceux de l’homme sont ignobles et dégoûtants, comme sa pauvre et infirme nature. — L’endroit le plus utile d’une maison, ce sont les latrines."

dimanche 22 juin 2008

Un dimanche, un artiste (spécial Musique & Cinéma)

Comme vous le savez, hier a vu la 27e édition de la Fête de la Musique. Le centenaire des musiques de films ayant été à l'honneur, j'avais envie de revenir sur quelques extraits et compositeurs, parce que la musique est à mes yeux un élément essentiel dans la réalisation d'un film, certaines scènes peuvent perdre tout leur sens en ôtant la musique (c'est le cas je pense d'un film comme Barry Lyndon et plus généralement de la plupart des films de Stanley Kubrick où la musique joue un rôle essentiel aussi bien pour la narration que pour mesurer le "climat", retranscrire une ambiance), entre musique diégétique et expressive, un merveilleux outil pour transmettre des émotions et conduire un film...

Voici une liste non exhaustive des premiers films qui me sont venus en tête, il y en aurait tant, j'ai toujours eu une préférence pour les musiques de films. Parfois il arrive que certains films m'aient tellement touché qu'il me soit trop éprouvant de les revoir, mais je ne peux me passer de leur musique, je me contente d'écouter, ressentir, en attendant de pouvoir le visionner à nouveau (je pense notamment au Labyrinthe de Pan (El Laberinto del Fauno) en écrivant cela ou encore à un film comme The Virgin Suicides relégué au placard et dont je ne peux même plus écouter la musique. Il faut dire qu'il me poursuit depuis la seconde, soit mes 14 ans à peu près, cela commence à faire plutôt long je trouve, et pourtant j'ai l'impression de n'être pas si loin du jour où j'accrochais le poster du film dans ma salle d'anglais, juste au-dessus de mon bureau, sous le regard légèrement inquiet mais impressionné de mon professeur).

Petites variations :

- The Virgin Suicides (Air)

VS


Air - Playground Love

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...

- Dead Man, c'est Jim Jarmush bien sûr, le toujours excellent Johnny Depp aussi, mais surtout Neil Young à la musique...

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Neil Young - Dead Man (Soundtrack)

- Barry Lyndon (voir album-photos XVIIIe siècle)

Marisa

Que serait Barry Lyndon sans son concert classique, ni son déploiement pictural, un ravissant musée de costumes (agencé par les soins d'une jeune Milena Canonero, assistant Ulla-Britt Söderlund) ou un savoureux dialogue ? Je ne sais, mais le moins qu'on puisse dire c'est que ce film a été assemblé minutieusement détail après détail et que le souci de perfection est tel que d'un point de vue musical, on peut voir se dérouler successivement :

  • Jean-Sébastien Bach (Concerto pour 2 clavecins en mi mineur - adagio)
  • Georg Friedrich Haendel (Sarabande de la suite pour clavecin n°4)
  • Wolfgang Amadeus Mozart (Idomeneo - marche)
  • Giovanni Paisiello (le barbier de Séville)
  • Franz Schubert (danse n°1 en Do majeur, trio opus 100 2ème mouvement)
  • Antonio Vivaldi (concerto pour violoncelle en mi mineur - 3ème mouvement)
  • Seán Ó Riada

Le tout réarrangé par Leonard Rosenman.
(Vérification des sources musicales Wikipédia)

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Je vous laisse avec la Sarabande de Haendel, un des nombreux morceaux venu saluer mes "adieux" au piano, cette version est néanmoins beaucoup plus "douce", peut-être est-ce parce que je l'ai associé à quelque chose qui devrait être beaucoup plus violent, déchaîné et à la fois ponctué par certaines périodes emplies d'émotion contenue, tout en retenue, pianissimo, avant de rejaillir au milieu des autres instruments, c'est trop lent, mais idéal pour le film...


Barry Lyndon

- Miss Potter

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Miss Potter

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- La Leçon de Piano

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Michael Nyman - The Heart asks pleasure first

- Love Actually

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Hugh Grant, scène favorite !

- Nanny McPhee

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Nanny McPhee Trailer

- Dangerous Minds (Esprits Rebelles)


Coolio - Gangsta's Paradise

- Requiem for a dream

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(Musique de Clint Mansell, rythme, voire véritable pulsation du film)

- Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain

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AP

- Romeo + Juliet, de Baz Luhrman, avec une préférence pour le passage musical chanté par Desree, "Kissing You"...

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Romeo & Juliette

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- Moulin Rouge (El Tango de Roxane)

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- American Beauty

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"And I can't feel anything but gratitude for every single moment of my stupide little life. You have no idea of what I'm talking about I'm sure, but don't worry you will someday."


American Beauty (VO)

- Les Chariots de Feu (Vangélis)

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Chariots of fire - Vangelis

- In the mood for love

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IN THE MOOD FOR LOVE - Yumeji's Theme, de Shigeru Umebayashi.

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- Harry Potter !


Harry Potter - Hedwig's theme

- Ray

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Et notamment la fameuse scène de la composition de Hit The Road Jack (je n'ai pas réussi à la trouver), mais c'est un sacré coup de maître, autant de la part du réalisateur que des acteurs...

- Frida

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Frida (danse)


Frida - la llorona (duo avec Chavela Vargas)

- Sexe Intentions, voilà un film qui sans la musique aurait eu beaucoup de mal à me convaincre, et curieusement j'ai même trouvé que ce n'était pas la plus mauvaise interprétation des Liaisons Dangereuses qui soit (même si je ne peux pas me voir la moitié du casting qui reste des plus convaincants pour ce type de rôles), évidemment cela ne sera jamais Laclos, et finalement tant mieux...

Je note : Colorblind, des Counting Crows, ça ne s'explique pas, j'ai eu envie de la détester parfois, sans jamais y parvenir.


Counting Crows - Colorblind

- Thelma & Louise .

"Superbe cri"

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Ballad of Lucy Jordan - Marianne Faithfull

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- Good Will Hunting .


Good Will Hunting, Elliot Smith - Between The Bars

- Corpse Bride (Les Noces Funèbres)


Victor's Piano Solo - The Piano Duet (music by Danny Elfman, le compositeur presque "officiel" de la plupart des films de Tim Burton, entre autres)

- Finding Neverland

Musique de Jan Kaczmarek (à suivre)

Finding Neverland

- Le Labyrinthe de Pan, un des rares films à m'avoir fait une telle impression dans une salle de cinéma, je ne sais si c'est le contexte, mon histoire personnelle ou autre, mais depuis le jour où je l'ai vu, j'en garde cette impression intacte.  Je suis sortie de la salle sans pouvoir dire un seul mot, à la fois impressionnée, bouleversée, étonnée aussi de percevoir autant de justesse dans le perpétuel dialogue entre réalité et imaginaire, entre Histoire et rêves, entre cauchemars et contes de fée... jusqu'à la musique, sublime, onirique et cruelle à la fois, un souffle de Beauté s'en dégage sans qu'il me soit possible de l'attraper pleinement. Je crois qu'il me sera très difficile de ressentir à la fois autant de bonheur et de malheur, souffrance à travers un même film. Bonheur pour le chef d'oeuvre éblouissant qu'a produit Guillermo Del Toro, la dimension esthétique et réflexive explorées jusque dans leurs profondeurs ; et malheur, souffrance, pour tout ce à quoi cela me ramène, à l'image d'Ofelia et quelques autres héritiers de cela...


El Laberinto del Fauno (vf)

- Hable con ella (Parle avec elle), de Pedro Almodovar.


Caetano Veloso - Cucurrucucu Paloma

Il y a tant d'autres films, mais la liste serait bien trop longue, n'hésitez pas à partager vos coups de coeur en matière de musique de films, j'en serais plus que ravie !

Et si la musique sublimait le silence ?


dimanche 15 juin 2008

Un dimanche, un artiste

Aujourd'hui, je vous propose un voyage au coeur de scènes ou figures de la littérature et leurs représentations en peinture. L'idée est née à travers une réflexion au sujet de la pièce Hamlet, de Shakespeare, me remémorant certains tableaux dédiés à Ophelia alors que mon intérêt se portait exclusivement sur Hamlet et ses célèbres tirades, dont le fameux "To be or not to be"...

En m'attardant sur les personnages shakespeariens qui offrent une profondeur permettant non seulement l'analyse littéraire, mais aussi une véritable plongée dans l'un des dédales des sciences humaines, sans jamais cesser d'être confrontés à l'Histoire, l'un d'entre eux a retenu mon attention : Ophelia, le personnage tragique par excellence, l'héroïne malheureuse qui a su inspirer bon nombre de représentations, principalement au cours du XIXe siècle, cette pièce ne dérogeant pas à la règle. J'aime la force que représente ce personnage marginal, car Ophélie est, Ophélie aime et Ophélie est ruisselante d'humanité et de chair palpitante...

Ophelia, éconduite par Hamlet (qui l'aime pourtant), devient "folle" (son flot de paroles est particulièrement dense, mais je ne perçois pas cela comme de la folie, pourquoi l'intensité d'un malheur pour qui aime serait folie ? Une souffrance arrivée à un tel paroxysme qu'elle en devient insensible,"absente") en apprenant la mort de son père et se noie...

Voici une série des représentations d'Ophélie qui me touchent le plus :

1) Ophelia, par Arthur Hughes :

Hughes_Arthur_Ophelia

Ophelia, Arthur Hughes, 1863

2) John William Waterhouse réalisera une série de trois tableaux autour de la figure d'Ophelia, dans le premier ci-dessous, on la retrouve étendue dans l'herbe, en proie à une certaine détresse, et pourtant je n'arrive pas à vraiment ressentir une émotion suffisamment forte à travers l'expression de son visage ou de ses gestes, une certaine détresse oui, mais peut-être pas aussi intense que je devrais...

WATERHOUSEOPHELIA1889

(1889)

Ici, Waterhouse met en lumière l'innocence presque enfantine d'Ophelia, en usant notamment de la délicatesse des couleurs et du trait, le corps, jusqu'à la gesture, elle tresse des fleurs dans ses cheveux juste au bord de l'étang dans lequel elle va se noyer...

Ophelia_Waterhouse

(1894)

Dans le troisième tableau, Ophelia apparaît beaucoup plus femme, plus mature aussi. On est passé d'un mélange vert-lilas à résolument bleu au niveau de la palette de couleurs. Il règne une sorte d'intensité dramatique...

waterhouse_ophelia_1910

(1910)

3) Alexandre Cabanel qui excelle décidément dans la représentation de femmes éblouissantes de beauté dans des positions "laisser-aller" (je pense notamment à La Naissance de Vénus ou encore Phèdre !) offre à Ophelia une mort des plus orchestrées par un académisme à fleur-de-peau, mais  un travail des détails sublime...

Alexandre_Cabanel_Ophelia

Rimbaud écrira ces quelques vers dédiés et inspirés par le personnage d'Ophelia :

"Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir,
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or.

[...]"

Ophélie, Arthur Rimbaud, Poésies, 1870

***

4) Paul Steck lui offrira un spectaculaire Drowning qui me la fait apparaître comme une sirène ou créature de l'eau, les effets nacrés ne sont certainement pas étrangers à cet effet...

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(1895)

5) Odilon Redon dont l'Ophélie me laisse perplexe, les couleurs m'affolent et l'expression m'interroge...

ophelia_redon

(1905)

6) Sir John Everett Millais, La Mort d'Ophélie, certainement l'oeuvre qui me bouleverse le plus, la main droite d'Ophélie encore serrée sur les fleurs qu'elle cueillait...

Oph_lie

Oph_lie

Théâtre végétal, linceul de plantes aquatiques, l'esthétique qui en découle devient glace au beau milieu d'une nature luxuriante...


Verdi - Requiem - Dies Irae

Edit : sur le rappel avisé de Sarah, un détour par ce duo des plus surprenants, mais non pas dénué d'intérêt, évocation moderne de la figure d'Ophélie :


Nick Cave & Kylie Minogue - Where The Wild Roses Grow


dimanche 8 juin 2008

Un dimanche, un artiste

Bob Marley à l'honneur !

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(1945-1981)


Découvrez Bob Marley & The Wailers!

C'est envoûtée par No woman, no cry que l'idée d'écrire quelques mots sur Bob Marley s'est faite ressentir à travers diverses dérives musicales, Get up, Stand up m'a décidée.

Je me suis demandée quelle était l'image qui me venait en tout premier lieu quand je pensais "Bob Marley". J'imagine que, comme beaucoup, je vois d'abord la figure charismatique rasta, peut-être même indissociable de son calumet, dans tous les cas son impressionnante chevelure de méduse. C'est peut-être là où le bât blesse, parce que Bob Marley, c'est avant toute chose une figure de l'engagement politique et un rastafari, le rastafarisme étant une religion ou plutôt une philosophie de vie à part entière qui emprunte d'ailleurs beaucoup au christianisme, en tout cas qui s'inspire de certains passages de la Genèse pour justifier "Tu mangeras l'herbe du pâturage". Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais l'Herbe ou plutôt le "gandja" (= chanvre indien) est un point essentiel à cette pratique. Bob Marley est d'ailleurs connu pour cette phrase : "no gandja, no music"...

Si je devais écrire un article sérieux et objectiviste, je détaillerai beaucoup plus, je supprimerai certains fous rires entre les lignes et j'éviterai peut-être de m'impliquer à ce point, bien que cela ne soit pas forcément idéal, mais ce n'est pas le cas, alors bien sûr je respecte le rastafarisme, mais le passage concernant l'allusion à l'un des rares passages de la Genèse qui doit pouvoir expliquer (et encore il n'est nulle part question de fumer l'herbe en question) "tu mangeras l'herbe du pâturage", et bien je trouve cela particulièrement rafraichissant, aussi sérieux cela puisse être ! Je suis contre le principe de religion, mais celle-ci prône une certaine liberté et ses rares astreintes comme l'histoire de l'herbe me font rire de bon coeur, et puis au-delà de ce seul aspect, il y a encore une fois l'engagement et les idéaux de Bob Marley, ce combat pour la paix et contre les inégalités.

Une petite citation "sulfureuse" (ou pas) de Bob Marley (tout dépend du pays où vous vivez) :

"L’herbe est une plante, les herbes sont bonnes pour tout. Pourquoi ces gens qui veulent tant faire le bien de tous, qui porte le nom de gouvernement ou autre, pourquoi ils disent que vous ne devez pas utiliser l’herbe ? Ils disent "non, vous ne devez pas l’utiliser parce que ça vous fait vous rebeller" Contre quoi ? Contre ceux qui n’ont besoin de rien, ils ont des bien matériels et ils veulent captiver ton esprit pour finir par dire : "Tu dois travailler et après on te mettra à la retraite" et ils gardent tout. Alors, avec l’herbe au lieu de vouloir travailler pour un patron, tu veux être comme lui. Pas pour dire que "Je veux le contrôle" mais dans le sens "Pourquoi je devrais me soumettre à ça ?" ça veut dire que tu es ton propre chef. Pour la première fois fais ce que tu veux, peu importe ce que disent les autres."

[extrait du DVD Rebel Music The Bob Marley Story]

Mais Bob Marley, c'est aussi les pauses entre les cours, mon groupe de copains musiciens, celui qui commençait à gratter les premiers accords de No woman no cry les jours un peu plus maussades et les moments passés sur l'herbe (la pelouse bien sûr!) à refaire le monde, perturber la paix de nombreux philosophes logeant sous le marbre, et deux trois autres choses...


Découvrez Bob Marley & The Wailers!

La musique parle mieux d'elle-même, je vous laisse en excellente compagnie...

Jammin' :

Redemption Song (Live in Dortmund) :

Pour les intéressés, le premier film biographique sur Bob Marley sortira aux alentours de 2001, d'après les mémoires de sa veuve. Vers 2010, il est fort probable que le réalisateur Martin Scorsese s'attaque à son tour à la vie de Bob Marley, certainement sous forme de documentaire...


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dimanche 1 juin 2008

Un dimanche, un artiste

Oscar Wilde, l'Art pour l'Art...

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(1854-1900)

Orgueil, intensité, émotion d'esthète, jouissance, liberté de pensée, Beau, indépendance de l'art face à la morale vulgaire, et LIBERTE...  c'est à peu près ce qui me vient à l'esprit.

Oscar Wilde provoque en moi un sentiment ambivalent particulièrement fort. Si sa poésie me laisse globalement indifférente, bon nombre de ses pensées et écrits me transportent  avec violence. J'aime cette compréhension qui s'installe entre nous, ce rire sous-entendu, libérateur, et cette émotion palpable devant la Beauté. J'aime que ses mots puissent être tour à tour gifles cinglantes, aussi profondes que la langue d'un fouet, mais également mains d'une douceur intense, caresses presque inavouées...

Si cette compréhension joyeuse s'est instaurée à sa lecture, c'est également pour mieux me retourner. C'est étrange d'éprouver un mélange aussi explosif qu'une violente entente, ponctuée par d'éclatantes disputes, résultat de détails venant entâcher l'artiste pour mieux révéler l'homme. Et pourtant :

"Révéler l'Art pour mieux dissimuler l'artiste"

[Nous sommes d'accord. Oscar, à quoi tu joues ?]

Ce que j'aimerais pouvoir dialoguer au-delà de la pierre, quitte à vivre réellement ces disputes totalement passionnées pour mieux se réconcilier entre deux vers, verres ? Je me demande tout de même ce qu'écrirait Wilde à propos des femmes aujourd'hui, contre quelle société il se révélerait "so shocking", si il aurait eu l'occasion de devenir...

Je ferme ici ma parenthèse, parce que comme le dit si bien Mr Wilde : "définir, c'est limiter". Si vous avez envie d'en découvrir un peu plus sur lui, rien ne vaut son oeuvre, pas même une biographie ou encore un essai critique. Je vous laisse avec quelques extraits choisis au hasard de diverses lectures :

"All art is quite useless"

(référence à Cousin et Gautier > "L'Art pour l'Art")

(The Picture of Dorian Gray/ Le Portrait de Dorian Gray)

"All that I desire to point out is the general principle that life imitates art far more than art imitates life."

(= La Vie imite l'Art bien plus que l'Art n'imite la Vie )

***

Un petit florilège :

- What is a cynic? A man who knows the price of everything and the value of nothing.

- An idea that is not dangerous is unworthy of being called an idea at all.

- Fashion is a form of ugliness so intolerable that we have to alter it every six months.

- Always forgive your enemies - nothing annoys them so much.

- The books that the world calls immoral are the books that show the world its own shame.

- "My dear Algy, you talk exactly as if you were a dentist. It is very vulgar to talk like a dentist when one isn't a dentist. It produces a false impression." (The Importance of Being Earnest).

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Et quelques citations en français :

- Tant que la guerre sera regardée comme néfaste, elle gardera sa fascination. Quand on la regardera comme vulgaire, sa popularité cessera.

- Pour connaître l'origine et la qualité d'un vin, il n'est pas nécessaire de boire le tonneau entier.

- La démocratie, c'est l'oppression du peuple par le peuple.

- Vivre est ce qu'il y a de plus beau au monde. La plupart des gens existent, c'est tout.

- L'opinion publique n'existe que là où il n'y a pas d'idées.

- Le public est extraordinairement tolérant. Il pardonne tout, sauf le génie.

***

Pour aller plus loin :

- The Soul of a Man (traduit sous le titre de L'Âme humaine), d'Oscar Wilde.

- L'oeuvre intégrale d'Oscar Wilde, si vous avez besoin de références (en langue anglaise ou traduite en français), n'hésitez pas à demander.

- Le site officiel d'Oscar Wilde :

http://www.cmgww.com/historic/wilde/index.php

Et, pour les amateurs de Wilde, un documentaire biographique en trois parties, avec certaines interventions de spécialistes ou de descendants particulièrement intéressantes, parfois même très amusantes, l'accent joue une part importante dans certains cas (le documentaire est en langue anglaise)...

Oscar Wilde Bio 1

Oscar Wilde Bio 2

Oscar Wilde Bio 3


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dimanche 25 mai 2008

Un dimanche, un artiste

Bienvenue dans l'une de mes galeries imaginaires...

1) Les représentations de la naissance de Venus

Tout d'abord, un hymne à Venus, celle que j'appelle amoureusement Aphrodite, ce qui est assez curieux compte-tenu du lien que l'on fait entre la plupart de ces tableaux et moi, peut-être la chevelure ou le type de visage, je n'ai jamais trop su, on m'a souvent fait la remarque que je semblais venue de l'un de ces tableaux ou encore que je n'avais pas un "type" moderne, je me suis toujours demandée si je devais prendre ça comme un compliment ou pas, parce que j'ai beau admirer ces tableaux et y voir de la Beauté, je ne sais pas trop ce que signifie cette histoire de "type" moderne, je ne sais pourquoi certaines personnes s'obstinent à jouer aux Weberiens (Max) en rangeant les gens dans des idéaux-types, passons...

Place à l'Art !

Ici, la naissance de Vénus aurait été réalisée d'après un texte humaniste, où Vénus y est sacrée "Mère des Arts et du Savoir"...

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La naissance de Venus, par Boticelli

Le tableau qui suit est certes un peu trop académique à mon goût, encore à l'orée de l'impressionisme, et pourtant je rêve, médusée devant cet alliage de longue chevelure dorée et ondulée à l'image du mouvement des vagues, émergeant des flots...

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La naissance de Venus, par Cabanel, 1863

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La naissance de Venus, de W.A.Bouguereau, 1879

2) Leonard de Vinci :

Il y aurait tant de choses à dire, il est certainement l'un de mes humanistes favoris, associé à l'une des périodes que j'ai le plus savouré en Histoire (et en science politique), si l'on excepte tout ce qui a trait à l'Antiquité et aux origines de l'écriture et de la pensée. L'oeuvre de Vinci va bien au-delà de la peinture.

C'était également l'un des peintres favoris de ma maman et pour cela, il n'a jamais pu être pleinement l'un des miens, même si je ne pouvais résister à son génie et me défendre d'être admirative devant ses théories...

Quelques préférences en peinture, je me passerai d'explications :

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La Joconde, j'hésite à la présenter...

vinci

Et mon favori, celui dans lequel je vois une sorte de reflet et qui se retrouve dans ma bannière :

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La Scapigliata

Recueil miniature de citations :

Détourne-toi des préceptes de ceux qui spéculent sur le monde mais dont les raisons ne sont pas confirmées par l'expérience.

Tu fais mal si tu fais l'éloge de quelque chose que tu ne comprends pas bien ; et si tu blâmes, tu fais plus mal encore.

La peinture est poésie muette, la poésie peinture aveugle.

La peinture est une poésie qui se voit au lieu de se sentir et la poésie est une peinture qui se sent au lieu de se voir.

***

3) Edvard Munch

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Der Skrisk

« Je me promenais sur un sentier avec deux amis – le soleil se couchait – tout d’un coup le ciel devint rouge sang – je m’arrêtais, fatigué, et m’appuyais sur une clôture – il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir et la ville – mes amis continuèrent, et j’y restais, tremblant d’anxiété – je sentais un cri infini qui se passait à travers l’univers...»

4) Waterhouse, parce que ces toiles et ce qu'elles m'évoquent me fascine...

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Pandora

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Psyché

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Psyché poussant la porte...

5) René Magritte

Voir au-delà des apparences...

Magritte

La Clairvoyance

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Les amants

6) Gustav Klimt, l' "enlumineur"...

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Der Kuss

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...

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Danaé

7) Goya

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El tres de mayo

8) Jean-Honoré Fragonard

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La liseuse

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Le Verrou

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L'escarpolette (les hasards heureux de)

9) Van Gogh

Van_Gogh

La nuit étoilée sur le Rhône

10) Picasso !

Quelques portraits qui m'émeuvent...

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Maternité

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Femme nue dans un fauteuil rouge

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Femme en bleu au béret

Et pour ce qu'il représente :

Guernica

Guernica

N.B. précisions : les numéros n'ont en aucun cas valeur de classement, c'est simplement une façon de rendre plus clair l'article et évidemment, si le choix me parle, beaucoup des artistes que j'apprécie sont absents parce qu'il fallait bien trouver une lecture alléatoire...

Je vous souhaite un excellent dimanche !


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dimanche 18 mai 2008

Un dimanche, un artiste

Place à la voix !

MadamButterfly

Je me souviens il y a quelques temps avoir consacré un article à l'opéra Lakmé, plus précisément le "Duo des fleurs" de Leo Delibes à travers l'une de ses versions les plus "ludiques" : l'Opéra imaginaire.

L'Opéra imaginaire est certainement l'un des projets initiatiques les plus efficaces et agréables qui soit. Il n'est pas seulement destiné aux enfants, mais aux adultes, amateurs ou néophytes. Il permet de débarasser l'opéra de certains handicaps élitistes et (principalement) préjugés dont il souffre et de permettre de poser un nouveau regard sur cet art, peut-être même d'émouvoir et sensibiliser les personnes les plus frileuses...

Les vidéos conjuguent à travers l'animation proposée poésie, humour, délicatesse, art, peinture, éveil des sens, émotions...

Âmes d'enfants, amateurs ou néophytes, ceci est pour vous, un petit florilège de mes perles-plaisirs, parmi celles que j'ai pu trouver en ligne, en vous conseillant de ne pas hésiter à monter le volume, cela ne peut s'écouter en sourdine au risque de lui faire perdre les vibrations et capacités de résonances que peut posséder ce formidable instrument qu'est la voix.

Ecoutez, regardez, ressentez, oubliez (le rire, les larmes et autres émotions intenses sont vivement conviés)...

Débutons notre voyage par un extrait de la Tosca, opéra composé par Puccini :

L'air du générique est extrait de l'Opéra de Bizet "Les pêcheurs à la perle" que vous retrouverez plus bas, la Tosca étant un opéra de Puccini.

L'extrait suivant est un des airs les plus célèbres de la Traviata, de Verdi : "Noi Siamo Zingarelle" :

Poursuivons sur les traces de Verdi, avec "La donna è mobile" (n'hésitez pas à noter les évocations artistiques présentes dans la vidéo, principalement en peinture ) :

Un opéra parmi les plus mis en scène, le tragique Madama Butterfly, de Puccini (la plupart des opéras sont tragiques, bouleversants, l'amour y est souvent fatal, quand il n'est pas tout simplement impossible...) :

Les pêcheurs de perles, de Georges Bizet :

Et pour le plaisir, Lakmé de Leo Delibes :

Le duo des fleurs, à la sensualité retrouvée...

J'aurais bien continué dans un autre registre de voix en pensant à Cesaria Evora, Luz Casal, Chavela Vargas, Devendra Banhart et tous ces autres qui ont le pouvoir de me transporter littéralement, secouer les tripes, habiller n'importe quelle peau de frissons, ces voix tantôt animales, tantôt âmales et si pleines de vie, mais je m'arrêterai sur cette session de "l'opéra imaginaire", il faut pouvoir s'en remettre et la suite serait bien longue...


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dimanche 4 mai 2008

Un dimanche, un artiste

Vincent Van Gogh

(1853- 1890)

Autoportrait_de_VVG_1889

C'est toujours avec une émotion fébrile que j'aborde certains artistes ici. Il m'est souvent impossible de mettre de côté le rapport intime que j'entretiens avec ces rugissements dominicaux, parfois les mots s'abstiennent d'eux-mêmes pour laisser les oeuvres parler, parfois une violente pudeur me retient. Dans tous les cas, ces articles sont certainement ceux qui me sont le plus intimement liés, qu'ils soient à peine soufflés, suggérés ou que le sujet reste en suspension, sans trop d'effusions...

Affirmer que je nourris une passion pour l'Art, dans toutes ses formes, serait bien vain. La passion fait partie intégrante de moi et je suis capable de me découvrir un nouvel intérêt dévorant de façon régulière. L'art tient une place toute particulière dans ma vie, c'est quelque chose qui a accompagné mes premiers pas et qui marche à mes côtés aujourd'hui. Je ne sais qui a choisi l'autre le premier, mais il y a des évidences qui ne peuvent s'expliquer. Je ne pourrais envisager une vie sans Art, sans création, sans passion, sans Inspiration (au sens de souffle artistique, de "muse").

Aujourd'hui, l'envie de vous parler un peu de Vincent Van Gogh s'est ressentie et je sais que j'aurais beaucoup de mal à m'en tenir à quelque chose que je considère comme inutile, peut-être trop académique tout simplement. Ecrire ce qui a déjà été écrit et que vous pourrez trouver dans n'importe quelle encyclopédie, dictionnaire, livre biographique m'ennuie un peu et me semble totalement vide de sens. J'ai envie de partager mes émotions avec vous, ne serait-ce qu'une infime part, et découvrir les vôtres. C'est au fond ce qu'espère tout artiste, non ?

Révéler l’Art et dissimuler l’artiste, tel est le but de l’Art.

Le critique est celui qui peut traduire dans une autre manière ou avec de nouveaux procédés l’impression que lui laissèrent de belles choses.

[Préface au Portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde]

Faire naître une émotion chez la personne qui découvre son oeuvre et non pas une biographie de sa vie, une réduction de tout son être, son essence, à des mots froids, assemblés dans un article visant à traiter, synthétiser en quelques lignes une vie entière.

Je me souviens de ma toute première confrontation avec Van Gogh, jeune adolescente, partagée entre divers sentiments tout aussi violents. Il s'agissait pourtant d'un "simple" autoportrait. Je trouvais plutôt triste d'avoir su qu'il s'était coupé l'oreille avant même d'avoir pu contempler l'une de ses oeuvres, de me dire que ce qui marquait les esprits quand on évoquait le nom de Van Gogh tenait plus à une "anecdote" qu'à son oeuvre en elle-même.

Et puis j'ai revu ce tourbillon en arrière-plan, cette barbe rouge flamboyant, ce regard qui me poursuivait jusque dans mon sommeil, cette veste que je trouvais esquissée de façon trop "facile",  contrastant avec les traits du visage, et encore ce tourbillon régulier en arrière-plan, ces mêmes mouvements qui revenaient et mon incompréhension de l'histoire de l'oreille face à cet homme qui, pourtant, avait l'air si austère, cette subsistance calviniste qui me fascinait alors à travers Stevenson et sa nouvelle The Strange Case of Dr Jekyll and Mr Hyde. Parfois, on établit des correspondances entre certains éléments qui en apparence n'ont strictement rien à voir, et pourtant c'est à ça que j'ai pensé en voyant son autorportrait, à la dualité intense si bien exprimée à travers les figures de Dr Jekyll et Mr Hyde. Je voyais l'homme, un homme, partagé entre l'austérité spirituelle et la folie créatrice, l'instinct passionnel, peut-être en quête de lui-même, peut-être en quête de Dieu, compte-tenu de ses croyances (avant de devenir peintre il s'était tout de même lancé dans la prédication, dont il sera écarté, car déjà trop "exalté").

"C'est à 26 ans qu'il décide de devenir peintre". Cette phrase m'a marqué, m'interrogeant à la fois sur l'homme et sur l'artiste, sur cette foi qu'il devait avoir pour "décider de devenir peintre" à 26 ans. Ce n'est pas l'âge qui m'interpelle, mais la force inébranlable qui ressort de ce type de réflexion. Depuis cette décision et ce, malgré les divers problèmes de santé, la misère et l'anonymat absolu dans lequel il est resté de son vivant (tout du moins du public et des potentiels acheteurs, il n'a vendu qu'une seule toile de son vivant !), il n'a jamais cessé de peindre avec cette même foi qui l'animait...

Bienvenue dans un parcours initiatique à travers différentes toiles suivant l'évolution des techniques, des lieux de vie et du temps qui passe...

1) Hollande (1881-1885). 

C'est au début des années 1880 que Van Gogh peint ses premières toiles, dans la région minière du Borinage où il décide de s'installer pour "évangéliser les pauvres", dont il partage les conditions de vie. S'en succèdent à peu près 200 toiles privilégiant les thèmes de la vie paysanne et nature morte, aux tonalités particulièrement sombres et quasiment monochromes, avec un coup de pinceau exprimant une certaine rudesse, ce qui ne fait que renforcer l'effet "terreux" qui en ressort. Les Mangeurs de pommes de terre (avril/mai 1885, exposé au RIJKSMUSEUM VINCENT VAN GOGH, à Amsterdam) est une des toiles les plus représentatives de cette période hollandaise.

Il part pour Paris, chez son frère, le 1er mars 1886.

Les_mangeurs_de_pommes_de_terre_Nuenen_avril_1885

Les Mangeurs de pommes de terre

(Nuenen, avril 1885)

2) Paris (1886-1887).

Une fois installé à Montmartre, il rencontre par l'entremise de son frère (qui tient une gallerie d'art) les jeunes peintres au sein des mouvements artistiques les plus effervescents de l'époque : Toulouse-Lautrec, Monet, Renoir, Degas, Seurat...

Il se nourrit des techniques impressionnistes, mais aussi d'artistes japonais tels que Hiroshige ou encore Hokusai, son oeuvre s'en ressent immédiatement. Il vit une intense période de "bohème" pendant laquelle il réalise à peu près 220 toiles, dont Une paire de souliers, ou encore Le Père Tanguy qui caractérise l'évolution de sa technique picturale. La touche est moins compacte, la palette s'éclaircit, le pinceau applique différentes touches aposées, de façon à suivre la forme de l'objet représenté, jusqu'à commencer à adopter des teintes éclatantes, des couleurs plus brillantes, plus franches, à la manière de certains peintres français (voir Le Père Tanguy).

En février 1888, surmené, il décide de partir pour le sud de la France, choisissant Arles sur les conseils de Toulouse-Lautrec pour la "lumière".

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Une paire de souliers

(Paris, début 1887)

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Portrait Le Père Tanguy

(1887-8)

3) Arles (1888-1889).   

Arles et la vie méridionale signent une nouvelle évolution dans sa peinture. Le style devient plus personnel jusqu'à devenir identitaire. Les touches sont courbes, les couleurs se font vivaces, s'utilisent pures, notamment à travers le jaune, le vert et le bleu. Cette technique devient une spécificité de l'oeuvre de Van Gogh.

Les paysages ou les natures mortes prennent vie sous son pinceau, dégageant une incroyable impression de mouvement, de force... La nuit étoilée sur le Rhône reste à mon sens un vibrant exemple de cela (voir plus bas).

La couleur jaune est également une sorte de rupture éclatante avec tout ce que Van Gogh avait pu faire jusqu'ici. L'utilisation d'une couleur pure dans un premier temps, mais le jaune, lumineux, symbole également de chaleur, deviendra à partir de là une couleur significative dans l'oeuvre de Vincent Van Gogh. Une des représentations les plus éloquentes est certainement le jaune devenu fleur : Quatorze tournesols dans un vase.

[Je n'ai pas mentionné la vie commune pendant environ deux mois avec Paul Gauguin, la détresse mentale de Van Gogh qui peint malgré cela avec plus d'acharnement encore, les différentes crises, la dispute avec Gauguin qu'il menacera avant de finir par se couper l'oreille et autres parts intimes plus ou moins chaotiques...]

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Quatorze tournesols dans un vase

Vincent Van Gogh  peindra ces fleurs en très peu de temps, car celles qui lui servaient de modèles dans le vase se fanaient très rapidement. Il écrira à Théo (son frère) : Je suis en train de peindre avec l'entrain d'un Marseillais mangeant de la Bouillabaisse ce qui ne t'étonnera pas quand il s'agit de peindre des grands tournesols (670/526). Gauguin, qui appréciera les tableaux, considérera qu'ils constituaient la marque de fabrique de Van Gogh. Ce dernier travaillera à nouveau sur ce thème en 1889. Les toiles ainsi produites sont conservées au Musée Van Gogh.

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La nuit étoilée sur le Rhône

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L'Arlésienne : Madame Joseph-Michel Ginoux

4) Auvers-sur-Oise (1890). 

En mai 1890, l'artiste quitte le Midi pour rejoindre son frère à Paris, puis s'installe non loin de là, à Auvers-sur-Oise, près de la maison du docteur Gachet, admirateur d'art impressionniste, qui souhaite s'occuper de lui. Plus de 80 toiles environ auront été réalisées à Auvers, dont le fameux Portrait du Dr Gachet, L'église d'Auvers ou encore Les Champs de blé aux corbeaux...

Ces oeuvres s'éloignent de la période "arlésienne", la touche s'accentue, il y a dans une certaine mesure un retour aux sources dans lequel se mêle une palette plus sombre, plus oppressante, l'angoisse...

Les Champs de blé aux corbeaux resteront annonciateurs, il y retournera le 27 juillet, mais ne succombera que deux jours plus tard.

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Portrait du Dr Gachet

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Champs de blé aux corbeaux

...

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L'église d'Auvers

Que reste-t-il de Vincent Van Gogh aujourd'hui ?

Certainement l'un des peintres dont les oeuvres se sont le plus vendues, une certaine ironie du sort quand on sait qu'il n'en aura vendu qu'une seule de son vivant (si vous savez laquelle, cela m'intéresse).

Son oeuvre, particulièrement fertile, compte environ 750 tableaux et 1600 dessins. En 1973, le Rijksmuseum Vincent Van Gogh, conservant plus de 1000 tableaux, esquisses et lettres, a été ouvert à Amsterdam.

Ceux pour qui Van Gogh a été une source d'inspiration :

Le peintre  Chaïm Soutine, ainsi que les peintres allemands Oskar Kokoschka, Ernst Ludwig Kirchner et Emil Nolde, et évidemment bien d'autres à leur suite...

Un (court) hommage :

Musique : Starry starry night, de Don Mc Lean.

Pour aller plus loin :

- Faire un tour à Augers-sur-Oise, dans la dernière demeure de Vincent Van Gogh, et pourquoi pas tenter un atelier de dessin (je n'ai pu avoir confirmation concernant les ateliers de dessin, il se peut qu'ils ne proposent plus cela, c'était il y a longtemps).

- Sur Paris, une petite promenade au musée d'Orsay serait des plus agréables.

De passage sur Amsterdam, ne manquez pas le musée Rijksmuseum Vincent Van Gogh (essentiel pour découvrir plus en avant Vincent Van Gogh !). D'ailleurs, si vous souhaitez des informations sur Amsterdam, n'hésitez pas à demander à Paquito qui se débrouille pas mal en français, mais l'anglais et l'espagnol sont bienvenus.

- En alternative aux musées, je vous propose de jeter un oeil à la collection "petit prix" Taschen (environ 6 à 7 euros) :

van_gogh

- En dernier ressort, il y aurait bien des dvds, des films, mais je n'ai pas eu l'occasion de voir, si quelqu'un a vu l'un d'entre eux et peut les recommander ou en discuter, ce sera avec plaisir.

Un excellent dimanche !


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dimanche 27 avril 2008

Un dimanche, un artiste

Aujourd'hui, je vous propose quelque chose d'assez différent, mon article ne sera pas centré autour d'un seul artiste, mais dans une logique surréaliste tournera autour de diverses figures artistiques dans un même mouvement, sans aucune distinction de support, matières ou sens.

Vous pourrez établir des liens de l'une à l'autre, mais l'ensemble est une sorte de parcours intime que chacun s'appropriera avec son propre ressenti, ses émotions, sa sensibilité, son vécu...

Bienvenue dans l'Art dont les mots d'ordre sont :

- la poésie, l'amour, la liberté -

1) Arthur Rimbaud

rimbaud

Elle est retrouvée ! Quoi ? L'Eternité.

C'est la mer mêlée au soleil.

[Alchimie du Verbe, Une Saison en Enfer]

rimbaud_sensation

2) Lautréamont

Je veux mourir, bercé par la vague de la mer tempêtueuse, ou debout sur la montagne...

[Extrait des Chants de Maldoror]

Il faut savoir ce qu’est le Dadaïsme avant de parler du Surréalisme.

Dada

3) Tristan Tzara

tzara

Extrait de l'Homme approximatif :

dimanche lourd couvercle sur le bouillonnement du sang

hebdomadaire poids accroupi sur ses muscles

tombé à l'intérieur de soi-même retrouvé

les cloches sonnent sans raison et nous aussi

sonnez cloches sans raison et nous aussi

nous nous réjouirons au bruit des chaînes

que nous ferons sonner en nous avec les cloches

*

quel est ce langage qui nous fouette nous sursautons dans la lumière

nos nerfs sont des fouets entre les mains du temps

et le doute vient avec une seule aile incolore

se vissant se comprimant s'écrasant en nous

comme le papier froissé de l'emballage défait

cadeau d'un autre âge aux glissements des poissons d'amertume

*

[...]

4) André Breton

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Je crois à la résolution future de ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, de surréalité, si l’on peut ainsi dire. C’est à sa conquête que je vais, certain de n’y pas parvenir mais trop insoucieux de ma mort pour ne pas supporter un peu les joies d’une telle possession.

[...]

SURRÉALISME, n.m. Automatisme psychique pur par lequel on se propose d'exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l'absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale.

Enc. Philos. Le surréalisme repose sur la croyance à la réalité supérieure de certaines formes d'associations négligées jusqu'à lui, à la toute puissance du rêve, au jeu désintéressé de la pensée. Il tend à ruiner définitivement tous les autres mécanismes psychiques et à se substituer à eux dans la résolution des principaux problèmes de la vie.

[Manifeste du surréalisme]

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Travaux de Leonard de Vinci

« Le cadavre exquis boira le vin nouveau. »

Selon André Breton, c’est « l’enfance qui approche le plus la vraie vie. » Il pensait que c’était durant cette période que l’on était « en pleine possession de soi-même », et était irrité d'être un adulte avec des mauvaises habitudes d’adulte, à cause de son éducation trop sérieuse…

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Pamphlet rédigé par certains "anciens" surréalistes en réponse à une attaque d'André Breton

5) Luis Buñuel

L'Âge d'or, de Luis Buñuel : un homme et une femme infligeant au monde tout entier dressé contre eux le spectacle d'un amour exemplaire.

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6) René Magritte (voir le lien)

... et son interprétation de La Philosophie dans le Boudoir, du marquis de Sade :

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... ou encore l'une de ses oeuvres les plus connues, La trahison des images :

Rene_Magritte_La_trahison_des_images_1300px

Et une peinture découverte il y a peu (!), dont je suis littéralement tombée amoureuse :

Le thérapeute, de Magritte

7) Dalì

" Ma peinture n'est autre que la photographie
en couleurs et à la main d'images super-fines
extra-picturales de l'irrationalité concrète."

Dali, 1973

Quand Hitchcock et Dalí s'unissent, cela donne Spellbound (La maison du docteur Edwardes):

Spellbound

L'une des scènes composée par Dalì :

Dali_pour_Hitchcock

[...]

Une sorte de "clin d'oeil" à Un chien andalou, réalisé par (et en collaboration avec) Luis Buñuel.